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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

Enjeux et perspectives de la filière canne-sucre Réunionnaise.

Le samedi 1 juin 2013, il y a 6 ans | @LeRédac | 3 218 vues

« Filière Canne-Sucre, ça marche ! » : une campagne de communication visant à mieux faire connaître la première filière agro-industrielle intégrée de notre île et le premier producteur européen de sucre de canne. Cette campagne est portée par le Syndicat du Sucre de La Réunion. Elle fédère les acteurs de la filière et les collectivités qui l’accompagnent. Elle met en avant ses principales caractéristiques qui ont un impact fort sur le développement économique et social de notre île.

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La filière Canne-Sucre est un des piliers de l’économie réunionnaise. Elle emploie, directement ou indirectement, plus de 12 000 personnes sur l’île et génère près de 50% des exportations de l’île.

Pivot de l’agriculture locale, la canne à sucre couvre 58% de la surface agricole utile, tout en contribuant à la diversification des productions végétales et animales dont elle est complémentaire. La culture de la canne à sucre s’inscrit pleinement dans le développement durable de l’île.

Elle contribue aux énergies renouvelables, préserve des sols et absorbe le gaz carbonique pour restituer de l’oxygène. Les sucreries réunionnaises investissent en continu pour maintenir un haut niveau de performance et réalisent des innovations, qui sont souvent des premières mondiales.

Les progrès de la filière s’appuient également sur un outil de recherche agronomique de réputation internationale (eRcane). En un demi-siècle, le rendement de sucre à l’hectare des champs de canne réunionnais a ainsi doublé.

Enfin, la canne contient encore de nombreuses molécules complémentaires au sucre, potentiellement valorisables en chimie verte. Cette nouvelle campagne de communication met en lumière, le poids de cette filière dans notre économie locale, son rôle déterminant pour notre agriculture et sa forte contribution à la fois au développement durable et à l’innovation réunionnaise. L’enjeu de cette campagne est d’apporter le meilleur éclairage possible sur les atouts de la filière afin qu’il soit partagé par les Réunionnais et
les décideurs.

Une filière clé de l’économie réunionnaise

Avec plus de 12 000 emplois directs et induits, la filière Canne-Sucre est l’un des principaux pourvoyeurs d’emplois à La Réunion. Elle représente près de 5 % de la population active occupée et 10 %(1) des emplois marchands de l’île. Ramené à la taille de la population active française, le nombre d’emplois équivalent atteindrait 1,3 millions au niveau national.

Dans une île où tous les efforts doivent converger pour maintenir et développer l’emploi, les effectifs de la filière Canne-Sucre font preuve d’une forte résistance, bénéfique pour le territoire.

Aux 3 473 chefs d’exploitations s’ajoutent leurs co-exploitants et leurs salariés, le personnel saisonnier, ainsi qu’un millier de personnes travaillant pour les usines sucrières ou pour des organismes dont l’activité dépend, en tout ou partie, de la filière Canne-Sucre (CTICS, eRcane, une partie des effectifs du CIRAD et de la Chambre d’Agriculture, transporteurs, activités portuaires et logistiques …).

Fer de lance des industries agro-alimentaires

L’industrie sucrière, fer de lance de l’industrie agroalimentaire locale, totalise près de 10% des effectifs de celle-ci, dont elle contribue pour environ 20% au chiffre d’affaires. Elle génère également de l’activité en amont et en aval.

En amont et en lien avec l’activité agricole, elle a recours à différents biens et services intermédiaires :

  • achats de matériels agricoles et de l’ensemble des matières et fournitures nécessaires à la culture de la canne
  • travaux de récolte et d’aménagement foncier,
  • prestations de transport, de maintenance…

En aval, la valorisation du sucre et des co-produits de la canne (utilisation de la mélasse pour l’alimentation animale et pour la fabrication de rhum et autres alcools, utilisation de la bagasse pour la production d’énergie) ont aussi un effet d’entraînement sur l’emploi.

1-Enquête emploi 2012 – situation 2ème trimestre. Lettre Iedom Avril 2013
2- Recensement agricole 2010

Près de 3 500 exploitations

La Réunion compte 7 600 exploitations agricoles. 46% d’entre elles, soit environ 3 500, sont des exploitations cannières. On recense, 4 478 chefs d’exploitations, co-exploitants et membres de la famille. De leur côté, les emplois directs, les occupations à temps partiel et les emplois saisonniers sont estimés à 6 000 personnes. Ainsi, la population active travaillant sur les exploitations cannières est estimée à 10 500 personnes.

7,6 hectares cultivés en moyenne

La surface moyenne des exploitations cannières a doublé en trente ans. Alors qu’elle était de 3,5 hectares en 1980, elle est passée à 5,4 hectares en 2000, pour atteindre 7,6 hectares en 2012. (3) 3 – Source DAAF/CTICS

Derrière notre carré de sucre, des métiers qualifiés

Pour travailler la terre, fabriquer du sucre ou des co-produits, emballer, peser, transporter, exporter, chercher, gérer et administrer, la canne et le sucre offrent un panel insoupçonnable de métiers. Agriculteurs, mécaniciens, laborantins, informaticiens, électriciens, cuiseurs, turbineurs, sélectionneur, cariste, auditeur qualité, assistantes, commerciaux, chauffeurs, comptables… la main d’oeuvre salariée se professionnalise, les métiers sont de plus en plus techniques.

Le saviez-vous ?

A La Réunion, l’agriculture et la canne suscitent toujours plus de vocations. 57% des jeunes agriculteurs, qui font une demande d’installation, souhaitent cultiver de la canne à sucre. Pour chaque parcelle cannière mise à disposition par la SAFER, 5 à 8 demandes sont recensées, selon les années.

Le sucre, première recette d’exportation

CANNESAvec environ 210 000 tonnes de sucre fabriquées chaque année, La Réunion est la première région productrice de sucre de canne de l’Union européenne. 90% de cette production est exportée dans les différents pays européens. Le sucre représente le premier poste d’exportations des produits fabriqués à La Réunion, soit 50% des exportations totales de l’île en valeur et 80% en volume. La filière Canne-Sucre joue donc un rôle prépondérant dans la balance commerciale réunionnaise.

Le sucre représente le premier poste d’exportations des produits fabriqués à La Réunion, soit 50% des exportations totales de l’île en valeur et 80% en volume. La filière Canne-Sucre joue donc un rôle prépondérant dans la balance commerciale réunionnaise.

La Réunion, premier producteur européen de sucre de canne.

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Avec 210 000 tonnes de sucre, l’île de La Réunion est le premier producteur européen de sucre de canne et représente 80% des sucres de canne fabriqués en Europe.

Cette production est le mariage de la tradition agricole réunionnaise et de la qualité du savoir-faire industriel.

Les sucres des outre-mers sont les seuls sucres de canne au monde soumis aux normes phytosanitaires et sociales européennes. Tous les efforts sont réalisés, aussi bien au niveau agricole qu’industriel, pour que les sucres produits à La Réunion répondent au mieux aux attentes de plus en plus exigeantes du marché et s’adaptent aux évolutions des modes de consommation.

Aussi, depuis plusieurs années, les sucreries réunionnaises et les unités de conditionnement se sont fortement engagées dans une démarche Qualité, Sécurité, Environnement (QSE), afin de renouveler ou d’obtenir toutes les certifications ISO, gages du respect des standards industriels les plus élevés.

Du sucre pour l’Europe.

Le sucre réunionnais est exporté dans un grand nombre de pays européens, principalement vers l’Espagne, la France, l’Allemagne, l’Italie, le Royaume Uni, la Roumanie…

Environ la moitié de la production, destinée à alimenter l’industrie européenne du raffinage (donc à être transformée en sucre blanc), est transférée dans le terminal sucrier de Port Réunion dédié au stockage et à l’exportation en vrac.

L’autre moitié de la production, constituée de sucres prêts à l’emploi, ayant vocation à être consommés en tant que sucres roux de cannes, est directement conditionnée à La Réunion pour approvisionner :

  • le marché local de la distribution ou des industries agroalimentaires
  • le marché agroalimentaire européen. Il est alors conditionné en big-bag d’une tonne ou en sac de 50 kg puis exporté en container.

Le saviez-vous ?

Les sucres de canne de La Réunion se déclinent en une large gamme de produits, Blanc, Blond, Roux, Roux de Roux et Roux Intense, appréciée par un nombre croissant de consommateurs et d’industries agro-alimentaires qui les utilisent dans la fabrication de leurs produits.

Afin de permettre une meilleure reconnaissance du sucre de canne de La Réunion et de renforcer son positionnement sur les sucres destinés à la consommation, la filière a engagé une démarche visant à obtenir une Indication Géographique Protégée (IGP), signe officiel européen d’identification de l’origine et de la qualité qui atteste qu’un produit déter miné tire ses caractéristiques propres du lien entretenu avec son territoire d’origine. L’obtention de cette IGP favorisera la fédération de l’ensemble des acteurs de la filière autour d’une démarche de progrès.

Un outil industriel à la pointe de l’innovation

Au cours des dernières décennies, les sucreries réunionnaises ont mis en oeuvre des innovations techniques majeures, montrant la voie à de nombreux pays. Outil de pointe au service de l’agriculture, l’industrie sucrière de La Réunion est reconnue par les professionnels comme l’une des plus modernes du monde : ses usines accueillent chaque année des experts en provenance de nombreux pays sucriers.

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Deux sucreries aux meilleurs standards européens

Issues d’une longue restructuration industrielle, les sucreries de Bois-Rouge et du Gol sont en mesure de broyer, chacune, plus d’un million de tonnes de canne par an. Elles évoluent en permanence pour se maintenir aux meilleurs standards européens et mondiaux.

Depuis 2005, plus de 45 millions d’euros ont été investis dans la modernisation de l’outil industriel sucrier de La Réunion.

La démarche en matière de certifications dans le domaine de la sécurité alimentaire, de l’environnement et du management anime depuis plusieurs années les professionnels de l’industrie sucrière. En 2008, l’usine du Gol est devenue la première sucrerie de canne du monde certifiée à la norme ISO 22000 (sécurité des denrées alimentaires).

Premières mondiales

Dans le prolongement de l’impulsion donnée par Emile Hugot et Maxime Rivière, dirigeants visionnaires, l’industrie sucrière réunionnaise est à l’origine de nombreuses innovations techniques au cours des dernières décennies. Un bon nombre constituent des premières mondiales :

  • Première cuite continue en sucrerie de canne (Maxime Rivière, en collaboration avec le fabricant de machines Fives, début des années 1970) : on passe d’un système discontinu à un système continu. Les machines sont moins coûteuses, le flux plus régulier, ce qui permet une économie d’énergie et de vapeur ;
  • Premières centrifugeuses continues en sucrerie de canne (Maxime Rivière, en collaboration avec le fabricant de machines Fives, début des années 1970), à l’usine de Quartier-Français : là encore, le système permet un flux plus régulier et entraîne une économie d’énergie et de vapeur ;
  • Première cuite continue sans compartiment, mise au point par François Langreney, directeur industriel des Sucreries de Bourbon à la fin des années 1980 à l’usine de Grands-Bois ;
  • Dispositif de cardeuses à eau sous pression, améliorant les performances d’extraction : système qui a permis d’imbiber complètement la bagasse (Maxime Rivière, Beaufonds, années 1980)
  • Caisses à flot tombant permettant un sixième effet de vapeur et 14% d’économie d’énergie : adaptation en sucrerie de canne d’une technique utilisée en sucrerie de betterave, innovation appliquée au Gol et à Bois-Rouge en 2007 ;
  • Conception à l’usine du Gol, avec Fives au début des années 1990, d’un nouveau type de moulin, « Millmax » : nouvelle conception de moulins avec un pré-extracteur qui permet d’augmenter la capacité de broyage et de réduire la consommation d’énergie ;
  • Mise au point de malaxeurs horizontaux rapides, avec une société anglaise, à l’usine du Gol en 2010 : réduction de la refonte des sucres dans les centrifugeuses entraînant un meilleur épuisement et un gain d’énergie ;
  • Mise au point, avec eRcane, d’un dispositif de mesure de la granulométrie du sucre par microscope numérique, facilitant le suivi des opérations de cuisson et de cristallisation et garantissant la taille des cristaux de sucre ;
  • La cogénération bagasse-charbon mise en oeuvre dans les centrales thermiques de Bois-Rouge et du Gol (groupe Séchilienne-SIDEC) à partir de 1991 est également considérée comme une première mondiale. Si cette technique a pu être utilisée auparavant dans certains pays sucriers, La Réunion a été la première à mettre au point une chaudière à haute pression pour la combustion de la bagasse, permettant une injection à haut niveau d’énergie.

D’autres innovations ont permis d’optimiser le process de fabrication et constituent aujourd’hui des références techniques pour les pays sucriers, comme par exemple, la visualisation à distance des sucreries ou la pré-extraction avant la diffusion.

Le saviez-vous ?
Emile Hugot (1903-1993), ancien PDG des Sucreries de Bourbon, est l’auteur d’un livre de référence pour l’industrie sucrière : La Sucrerie de cannes. Publié pour la première fois en 1950, l’ouvrage a été plusieurs fois réédité et reste un ouvrage de référence pour les techniciens sucriers.

La Réunion, place forte de la recherche sur la canne à sucre

La filière Canne-Sucre dispose d’une plateforme de recherche agronomique, technologique et génétique reconnue dans le monde entier. Plusieurs acteurs en matière de recherche comme eRcane, le CIRAD et le Pôle de compétitivité Qualitropic contribuent fortement à ces progrès continus.

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Création et sélection variétale

La mise en culture de nouvelles variétés de canne a largement participé à la croissance des rendements aux champs, entraînant une augmentation de la production de sucre à l’hectare (qui a doublé en un demi-siècle).

La création et la sélection variétale sont depuis plus de quatre-vingt ans le domaine d’excellence d’eRcane (ex-Station d’Essai de La Bretagne, puis CERF).

Le savoir-faire d’eRcane dans l’hybridation de variétés locales mais aussi de variétés en provenance d’un grand nombre de pays permet en effet d’obtenir des cannes plus performantes en termes de résistance aux maladies, de rendement à l’hectare, de richesse en sucre… Il y a une vingtaine d’années, eRcane a opté pour une stratégie de sélection micro-locale, visant à créer et sélectionner de nouvelles variétés de cannes spécialement adaptées aux spécificités des différentes zones de production, en s’appuyant sur un réseau de stations réparties dans toute l’île. Ces efforts ont déjà abouti à la libération de 6 nouvelles variétés depuis 2005.

Grâce à sa collection de variétés adaptées aux différents sols et climats, eRcane participe au rayonnement international de la filière en exportant son savoir-faire dans de nombreux pays sucriers : les variétés issues du centre d’eRcane sont ainsi cultivées en Guadeloupe, en Martinique, à l’île Maurice et dans de nombreux pays africains comme le Tchad, le Sénégal, la Côte d’ivoire…

La recherche variétale s’appuie également sur des programmes de recherche génétiques et moléculaires, qui permettent de mieux connaître les caractéristiques des variétés créées.

Recherche agronomique

La recherche agronomique constitue un autre axe majeur de la recherche réunionnaise sur la canne à sucre. Couplée à la recherche variétale, elle a permis des progrès continus dans de nombreux domaines : les techniques de fertilisation et d’utilisation des intrants, les méthodes de mise en culture et de bouturage, les méthodes d’irrigation, …

De nombreux programmes sont en cours. Ils portent par exemple sur les techniques de désherbage alternatives, qui devraient à terme réduire sensiblement le recours aux herbicides chimiques.

Recherche industrielle

eRcane dispose d’une équipe dédiée à l’amélioration des automatismes et des process industriels des sucreries. On peut, par exemple, citer la mise au point en 2007 d’un système de transmission en continu via Internet des paramètres des ateliers de fabrication des sucreries. En raison de leur savoir-faire reconnu, les équipes d’eRcane sont appelées à intervenir dans de nombreuses sucreries à l’étranger, principalement en Afrique.

Demain, la chimie verte

Dans la perspective de nouvelles valorisations, des recherches ont été lancées par eRcane, le CIRAD et leurs partenaires. Elles permettent d’envisager à moyen terme et en complémentarité du sucre et de ses co-produits, l’extraction de nouvelles molécules utilisables dans les domaines des bioplastiques, des cosmétiques, des médicaments…

Le saviez-vous ?

eRcane crée chaque année plus de 100 000 variétés de canne pour alimenter son schéma de sélection. Au bout de 15 ans, seule une variété sera retenue pour être cultivée, dès lors qu’elle apporte un progrès significatif par rapport aux variétés existantes. Grâce à ce travail méticuleux, eRcane dispose de l’une des plus grandes collections de variétés de canne au monde.

La canne à sucre, culture durable

Complémentaire avec les autres cultures vivrières comme avec l’élevage, la canne à sucre présente de multiples atouts pour le développement durable de l’île.

 

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Puits à carbone

Les caractéristiques de la canne à sucre lui permettent de capter dans l’atmosphère des quantités importantes d’oxyde de carbone. La sole cannière est un véritable « puits à carbone » : elle recycle l’équivalent de tout le CO2 émis chaque année par l’ensemble du parc automobile réunionnais.

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Source d’énergie renouvelable

La bagasse, résidus fibreux de la canne, est la deuxième source d’énergie renouvelable à La Réunion après l’énergie hydraulique. Elle est brûlée dans les deux centrales thermiques couplées aux sucreries de Bois-Rouge et du Gol et permet de satisfaire de 10 à 12% de la consommation électrique annuelle de l’île.

En valorisant les 600 000 tonnes de bagasse produites annuellement en moyenne, l’Ile économise l’équivalent de 145 000 tonnes de charbon.

Lutte biologique

La culture de la canne ne nécessite pas d’insecticide chimique. A titre d’exemple, pour lutter contre le ver blanc, principal prédateur de la canne à sucre, une lutte biologique a été mise en place à La Réunion dans les années 80 par les chercheurs du CIRAD. Ainsi, le ver blanc est combattu par le champignon Beauveria, qui a la particularité de détruire la larve du ravageur en la colonisant.

Les quantités de produits herbicides utilisées sont faibles, comparées à la plupart des autres cultures : dans un premier temps, la paille laissée au champ (mulch) limite l’enherbement puis la canne couvre rapidement le sol, empêchant les mauvaises herbes de se développer.

Amendements organiques

Grâce à la coupe de la canne « en vert » (sans la brûler avant la récolte pour faciliter la coupe, contrairement à la pratique mise en oeuvre dans de nombreux pays), les feuilles laissées au champ se transforment en engrais naturel. Elles forment un paillage qui limite l’émergence des mauvaises herbes et l’impact de la pluie sur les sols.

Les co-produits de la filière, tout comme les effluents d’élevage, contribuent également à amender et fertiliser les sols, limitant ainsi le recours aux engrais chimiques.

L’usage des fertilisants organiques des différentes filières agricoles se développe : il pourrait permettre, à terme, de se passer d’engrais et d’amendements chimiques importés.

Chaque année, 87 000 tonnes d’écumes de sucrerie sont déjà valorisées, évitant l’importation et l’utilisation de 2 000 tonnes d’amendement calcique.

Les cendres issues de la bagasse dans les centrales thermiques sont également utilisées pour amender les sols.

Protection des sols

La gestion « en damier » de la culture de la canne favorise la protection des sols, particulièrement exposés à l’érosion, à La Réunion, en raison du relief montagneux et du climat tropical humide.

Les champs ne sont labourés que tous les sept à dix ans lors des plantations et les parcelles d’une même exploitation ne sont jamais replantées en même temps. De ce fait, les surfaces à nu n’excèdent jamais 15% de la sole cannière et elles se retrouvent au milieu de parcelles végétalisées. Les risques de voir la terre emportée par les eaux de ruissellement sont donc limités, d’autant que les plantations suivent les courbes de niveau.

La culture de la canne permet enfin d’autres plantations en intercalaire, qui apportent une couverture supplémentaire.

Le système racinaire très développé de la canne à sucre se renouvelle à chaque repousse et permet à la plante de consommer la quasi-totalité de ce qui est apporté dans le sol, évitant ainsi les risques de pollution des nappes phréatiques.

Enfin, les racines favorisent également l’aération du sol, l’infiltration des eaux de pluie et l’alimentation des nappes phréatiques.

Aménagement équilibré et maintien des paysages

Présente dans toutes les régions littorales de l’île, la canne à sucre préserve des coupures vertes entre les agglomérations et évite le mitage du territoire par une urbanisation anarchique. Elle permet un aménagement équilibré de La Réunion et garantit l’équilibre entre espaces agricoles, naturels et urbains.

Elle contribue fortement à son image d’« île verte » et participe à l’attrait touristique de ses paysages.

Le saviez-vous ?

En partie situés dans l’aire d’adhésion du Parc national de La Réunion, les champs de canne à sucre participent à la préservation des espaces naturels. Véritable zone de transition entre l’urbain et le coeur du parc national, ils préservent la diversité des espèces et des habitats. Les champs de canne à sucre font, par exemple, obstacle à l’invasion des rongeurs et à la propagation des plantes invasives.

La canne à sucre, pivot de la diversification agricole

Deux siècles après son essor sur l’île, la canne à sucre reste le pilier de l’agriculture réunionnaise. Elle couvre 58 % de la surface agricole utilisée (24 516 hectares) et représente un tiers de la valeur totale de la production agricole (132 sur 399 millions d’euros en 2011). Il s’agit de la culture la mieux répartie sur le territoire : elle est présente sur l’ensemble des communes, à l’exception de Cilaos.

Culture « de sécurité »

Au coeur du modèle agricole réunionnais, elle accompagne la diversification des productions depuis plusieurs décennies. Elle joue en effet un rôle de culture « de sécurité », en raison de son achat à prix garanti sur une période longue et de sa forte résistance aux intempéries de grande ampleur. Dès lors, les agriculteurs ont la possibilité de consacrer une partie de leurs surfaces à d’autres productions végétales ou animales plus sensibles aux aléas climatiques et aux variations des cours. Cet itinéraire est fréquent chez les agriculteurs réunionnais, qui dans leur grande majorité optent essentiellement pour la canne avant de s’appuyer sur elle pour diversifier leur production en maraîchage ou en élevage.

La Réunion produit aujourd’hui 80% des produits frais qu’elle consomme : un chiffre remarquable pour un petit territoire insulaire. La consolidation de l’autonomie alimentaire de l’île dépend désormais des capacités de l’industrie agroalimentaire locale à transformer les produits frais pour offrir une alternative aux importations. La canne est, un support pour les autres filières, dont le développement est compatible avec ses propres ambitions de croissance.

Des ressources foncières pour chaque filière

Le développement de la production maraîchère et fruitière pourrait requérir jusqu’à 500 hectares de surfaces complémentaires afin de répondre à l’intégralité des besoins de consommation de l’île.

Avec 6 000 ha de friches à potentiel agricole recensées en 2012, le foncier agricole disponible doit permettre à chaque filière de répondre à ses besoins.

La canne a l’ambition de récupérer entre 2 200 et 3 000 hectares de friches. Il resterait donc plus de 3 000 hectares, ce qui offre des perspectives très intéressantes pour les autres filières. Un travail d’identification des surfaces les plus appropriées doit encore être engagé, liant potentiel agronomique et identification des agriculteurs intéressés.

Par ailleurs, environ 1 700 hectares de surface cannière sont replantés chaque année, dont environ 500 hectares situés sur les périmètres irrigués (zones plus propices au développement des cultures vivrières). Ces surfaces permettent d’envisager des productions maraîchères en cycle court durant trois mois avant que la canne ne soit couvrante et ne permette plus la photosynthèse.

Complémentarité écologique avec les cultures végétales

Cultivée en rotation sur des surfaces maraîchères, la canne à sucre permet d’assainir les sols. La persistance de la souche de canne et son important volume racinaire contribuent à la régénération des sols et à leur amélioration.

La canne fournit d’autre part des produits — et co-produits issus de son broyage — utiles aux autres productions agricoles végétales : pailles de canne utilisables comme protection du sol en maraîchage et en arboriculture, écumes de sucrerie et cendres de bagasse entrant dans la composition d’amendements ou de composts…

Synergie avec l’élevage

L’essor des filières d’élevage dans les Hauts de l’île, où la canne n’est pas cultivée, a démontré une réelle synergie entre les deux activités.

La canne apporte à cette filière du fourrage et des litières de qualité : chaque années, 4 à 5 000 tonnes de pailles de canne sont converties en balles rondes pour le bétail. Inversement, en raison des grandes capacités d’absorption de carbone et d’éléments fertilisants par la canne, les champs sont des lieux indispensables pour l’épandage des fumiers et lisiers issus de l’élevage.

Le saviez-vous ?

10% de la surface des exploitations cannières sont occupés, en moyenne, par des productions de diversification. Les planteurs de canne sont aussi des maraîchers et des éleveurs qui participent à l’autonomie alimentaire de l’île.

Source : Syndicat du Sucre de La Réunion

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