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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

A l’île Maurice une résistance s’est formée pour dire non au projet d’une centrale à charbon.

Le jeudi 14 février 2013, il y a 7 ans | @LeRédac | 1 999 vues

La Plateforme Citoyenne de l’Ile Maurice, association qui lutte pour la préservation de l’environnement de l’île Maurice, nous a contacté pour nous faire part de la résistance qui s’est formée pour contrer le projet de construction d’une centrale à charbon à Pointes-aux-Caves à Albion.

ct power non

 

“Nous sommes de la Plateforme Citoyenne de l’Ile Maurice, association qui combat pour la préservation de l’environnement de l’île. Nous nous permettons de vous contacter car nous aurons besoin de vous pour faire reculer un projet de Centrale à Charbon qui causera la perte de notre pays et de ses habitants.

La situation est alarmante aujourd’hui car la société CT Power, une entreprise spécialisée dans l’imprimerie en Malaisie, a obtenu son permis de la part du Ministère de l’Environnement de l’Ile Maurice pour construire une centrale à charbon à Pointes-aux-Caves à Albion, Ile Maurice, et cette centrale sera construite sur un site au bord de l’océan. Nous combattons ce projet depuis 2006 et malgré toutes les protestations, et les affaires en cours au tribunal, le Ministre de l’environnement a décidé de donner son permis au promoteur malaisien.”

Ci dessous l’intégralité du communiqué:

L’Enfer au Paradis

Un projet de centrale à charbon par la société Malaisienne CT Power, à Pointe aux Caves, Albion, Ile Maurice, avait soulevé un tollé lorsqu’il avait été annoncé en 2007. Les habitants d’Albion et des alentours avaient exposé leur mécontentement et leurs craintes au niveau de leur santé si ce projet devait aller de l’avant. Cependant, suite à la décision du ministère de l’Environnement de ne pas octroyer le permis, ils furent plutôt rassurés

Mais cette décision a été renversée en appel devant le tribunal de l’Environnement en juillet 2012. Le ministère de l’environnement n’a pas fait appel de ce jugement alors qu’il avait 21 jours pour le faire. De son côté le Premier Ministre, Docteur Navinchandra Ramgoolam est à 100% en faveur du projet, même s’il va à l’encontre du concept Maurice Ile Durable financé par la France à travers l’Agence Française pour le Développement.

Ce projet a pris une dimension raciste avec des groupes sectaire comme le Front Commun Hindou que soutiennent le Premier Ministre et son gouvernement. Somduth Dulthumun, président de ce groupe soi-disant socio-culturel et qui siège sur le conseil d’administration de “Idependent Broadcasting Authority” et qui a le contrôle sur toute les radios, télévision et presse écrite mauricienne, s’est servi de sa position pour ouvertement agressé les habitants de cette région, la plateforme citoyenne, les écologistes et les mauriciens d’origine blanche qui sont à la tête des usines sucrières et des centrales bagasses-charbon.

Lors de la commémoration de la 178ème anniversaire de l’abolition de l’esclavage, le 1er février 2013, le premier ministre vient remuer le couteau dans la plaie, en affirmant à la presse qu’il y a manipulation dans cette affaire par les blancs et tous ceux qui manifestent contre ce projet. “Mais pourquoi sous l’ancien gouvernement, personne n’avait protesté contre l’utilisation des charbons (utilisés par des centrales bagasses-charbon). Y a-t-il deux types de charbon ? Charbon noir et charbon blanc ?” se demande-t-il.

La plate-forme citoyenne composée des Forces Vives de Pointe-aux-Sables et d’Albion n’a pas caché son appréhension après l’attribution de ce permis pour une centrale de 110 Mwh. Un climat de peur s’est installé chez les habitants de la région de l’ouest de l’ile Maurice depuis cette nouvelle. Ils ont peur pour leur avenir, l’avenir de leurs enfants, leur santé et leur environnement.

Les mauriciens refusent ce projet pour les raisons suivantes :

  1. La construction de ce site se fera à 400 mètres des habitations
  2. La santé de la population et de l’environnement sont menacés par les fortes émissions de CO2, de mercure et d’autres polluants;
  3. La Centrale se trouve au bord de l’océan où les baleines viennent sevrer leur petit, il y a des dauphins qui y vivent toute l’année, des chauves-souris qui sont une espèce en voie de disparition et sont protégées, des oiseaux et d’autres espèces animales vivent paisiblement;
  4. La mauvaise qualité de l’air causée par la pollution qui est déjà à un stade avancé sur l’île.
  5. L’Ile Maurice a signé l’accord de Copenhague pour réduire son émission de CO2;
  6. L’AFD finance le projet Maurice Ile Durable (500 millions d’euros) ou le pays a promis de se servir des énergies renouvelables.
  7. L’économie du pays en sera affectée car les touristes refuseront de venir dans un pays ou l’air sera irrespirable.

Malgré toutes ces raisons, le gouvernement a fait la sourde oreille. Les associations de la région et la plateforme citoyenne ont déposé une demande de gel de ce projet en cour suprême et l’avocat vient démontrer qu’il y a conflit d’intérêt entre le gouvernement et les promoteurs de ce projet. Les mauriciens vont découvrir avec stupéfaction que CT Power n’a aucune connaissance dans le domaine de l’énergie en Malaisie, mais dans l’imprimerie et que lors des élections générales en 2010, cette société a financé la campagne électorale de l’Alliance Sociale aujourd’hui au pouvoir du pays.

Le 23 janvier 2013, le Ministère de l’Environnement vient officiellement annoncé qu’il a donné son permis à la société malaisienne CT Power pour aller de l’avant avec la construction de la Centrale. Les mauriciens sont consternés par l’annonce de cette terrible nouvelle et un jeune mauricien, Jeff Lingaya, travailleur social, syndicaliste et écologiste décide d’entamer une grève de la faim au Jardin de la Compagnie à Port Louis, la capital pour faire reculer le gouvernement devant ce projet qui sera néfaste pour tout le pays et ses habitants.

Une résistance s’est formé pour contrer ce projet et les mauriciens et expatriés français ont été très nombreux à venir soutenir Jeff Lingaya dans sa bataille. Le groupe “Résistans et Alternativ”, la Plateforme Citoyenne, le Comité de soutien pour Jeff Lingaya, les organisations écologiste et des milliers d’habitants sont venus tous les jours apporter leur soutien à ce jeune mauricien qui n’a pas eu d’autre choix devant un gouvernement qui a décidé de passer la corruption et l’argent avant la santé des habitants et l’avenir du pays.

greve de la faim

Une pétition a été lancée contre ce projet et plus de 20,000 signatures ont été récoltés à ce jour.venus

Dans une lettre adressée au Premier Ministre, les résistants ont demandé :

  1. que les contrats entre la “Central Electricity Board” (l’organisation gouvernementale qui gère l’électricité à Maurice) et les sucriers concernant les centrales bagasses-charbon existantes à Maurice, soient rendus public
  2. qu’une commission pour revoir les besoins d’énergies à Maurice soit mise en place
  3. d’annuler le permis que le gouvernement a donné a CT Power.

Le gouvernement a accepté les deux premières demandes mais a refusé de retirer le permis à CT Power. Le Ministre de l’environnement a dit qu’il n’avait pas le pouvoir de retirer un permis qu’il a donné car c’est une décision du tribunal de l’environnement qui est totalement faux car la loi le dit clairement que le Ministre de l’environnement peut à chaque moment enlever un permis. Le Premier Ministre vient lui donner raison en disant que ça serait un outrage à la cour et qu’il n’enlèvera pas le permis à CT Power.

L’Ile Maurice est aujourd’hui gangréné par un gouvernement qui au lieu de combattre la corruption, la soutient et en fait partie, un gouvernement qui protège les corrompus, des ministres qui n’ont que pour seul but leur intérêts personnels et un Premier Ministre qui est aussi Ministre de l’Intérieur et qui a pour devoir de protéger son peuple, fait tout le contraire. Le Ministère de l’Environnement qui est supposé protéger l’environnement, vient protéger le profit en soutenant le promoteur qui a affirmé que les espèces qui vivent dans la mer d’Albion (dauphins, baleines, raies, murènes, requins et des milliers d’autres) ne sont pas des espèces à protéger car ils ne sont pas très importants pour l’environnement.

La France aujourd’hui devrait demander au gouvernement mauricien où est passé l’argent de l’AFD car c’est l’argent du contribuable français et les français ont le droit de savoir où va leur argent. Les 500 millions d’euros du contribuable français ont servi à quoi ?

Le Paradis que Le Ministère du Tourisme Mauricien vend aux touristes, n’est rien d’autre qu’un enfer qui se cache derrière les belles cartes postales !

 

 

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