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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

Le « gingembre pays » doit-il mourir dans l’indifférence et en silence ?

Le mercredi 7 mars 2012, il y a 8 ans | @LeRédac | 2 248 vues

En août 2011, suite à la sécheresse affectant la production locale, la DAAF a étendu la liste des autorisations techniques d’importation au gingembre en provenance de Madagascar et de Chine. Une telle décision met malheureusement en péril toute une filière locale. Ce que la FDSEA ne peut tolérer.

canne

A Saint-Pierre, le 7 mars 2012
Il n’y a pas que les planteurs de cannes qui souffrent du manque d’eau. Il n’y pas que les grandes coopératives de fruits et légumes qui voient leur production mise à mal. Trop souvent oubliés dans les revendications syndicales, les producteurs réunionnais de gingembre vivent des heures difficiles.

D’une part parce qu’ils doivent faire face comme tout agriculteur à la sécheresse qui frappe durement le Sud. Ils sont une trentaine à cultiver le gingembre entre Petite-Ile et Saint-Joseph, et à fournir la population réunionnaise avec les quelque 350 tonnes de « gingembre pays » qu’ils produisent chaque année.

D’autre part, une guillotine administrative est tombée. En août dernier, l’arrêté préfectoral qui établit la liste des autorisations techniques d’importation a été élargi au gingembre de Madagascar et de Chine. Une telle décision a été officiellement motivée par la sécheresse qui pénalisait la production locale. Mais pour la FDSEA, il s’agit là d’une double peine infligée aux producteurs de gingembre. Au lieu de les soutenir, cette décision administrative accélère le déclin de la filière déjà gravement touchée par la sécheresse.

La FDSEA rappelle le désastre de la « carotte pays » qui est passée d’une production locale de 4 500 tonnes en 2001 à 1 500 tonnes en 2009, suite à l’arrivée massive de la carotte d’Australie. Le « gingembre pays » est à son tour menacé par la concurrence déloyale des pays à faibles coûts de production. Aussi, malgré l’indifférence générale, la FDSEA ne peut pas laisser disparaître la production d’un composant essentiel de la cuisine réunionnaise.
« Il est bien plus facile de faire entrer un « container » que de produire du gingembre, mais ne souhaitons-nous pas tendre vers l’autonomie alimentaire, favoriser les produits locaux ? », rappelle le président de la FDSEA, Frédéric Vienne.

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