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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

le Journal de l’Ile fête ses 60 ans !

Le mercredi 31 août 2011, il y a 8 ans | @LeRédac | 3 587 vues

Ce 31 aôut 2011, le Journal de l’Ile fête ses soixante années d’existence ! Flash back sur cette naissance :

Le Journal de l’île voit le jour le 31 août 1951. Jean Vincent-Dolor, premier rédacteur du journal, explique que c’est sur une suggestion de M. Rabat, le directeur de la Banque de La Réunion, que Fernand Cazal se lance dans l’aventure.

Fernand Cazal a abandonné l’administration pour se lancer dans l’imprimerie ; M. Cazal est un pionnier. Avec son journal, il veut créer un nouveau style d’information.

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Cette volonté transparaît dès le premier numéro du nouveau quotidien : on trouve à la "une" les photos de l’évêque, du préfet et du président du conseil général ; la page s’ouvre ensuite sur une enquête locale : "Le chômage est-il à redouter ?". Par ailleurs le journal apporte les premières annonces classées, une information nationale et internationale plus développée, des pages documentaires ou de distraction, des bandes dessinées.

journal-de-l-ile-1951Les journaux de l’époque font peu d’information véritable. Depuis quelques années déjà, la mort du Peuple, le plus vieux quotidien de la Réunion, était prévisible. Alain Fourcade, le directeur s’occupe pratiquement seul du journal et ce dernier n’a pas su se moderniser. En effet l’information y est toujours présentée comme avant la guerre. De plus, avec ses informations tardives, ses pages grises et sans illustrations, le Peuple n’est plus de son temps.

La naissance du Journal de l’île ne va qu’accélérer l’inéluctable. Le 6 mai 1958 M. Fourcade met un terme a plus de cinquante ans de carrière de ce journal. Le Journal de l’île de la Réunion occupe désormais la meilleure place et a conquis en sept ans plus de douze mille abonnés.

Au début il n’y a pas de véritable rédaction. En effet il faut attendre 1963, soit douze ans après la parution du premier numéro, pour que le rédacteur en chef se voit adjoindre un journaliste. Toute la presse locale a toujours été faite par des amateurs et le nouveau quotidien reste dans la tradition.

Jean Vincent-Dolor raconte : "J’ai fait la première maquette du premier numéro. A l’époque, j’étais déjà speaker à la radio. Mais comme les émissions n’étaient pas nombreuses, il n’y avait pas trop de problèmes. On utilisait les mêmes bulletins d’information, captés sur les ondes courtes pendant la nuit, pour les deux". Le journal prend un bon départ : au bout de quatre mois il dépasse mille neuf cents exemplaires.

Bientôt, cependant, le rédacteur en chef, s’aperçoit qu’entre la radio et le journal, qui se développent chacun de leur côté, il faudra faire un choix. L’arrivée de René Martin-Darène va permettre à M. Vincent-Dolor d’effectuer ce choix. Si M. Martin-Darène est, au départ, engagé pour s’occuper de l’imprimerie et aider à la direction, il prend en main la rédaction du journal au bout de trois mois. Jean Vincent-Dolor pourra désormais se consacrer exclusivement à la radio qui le sollicite de plus en plus.

jir2Petit à petit, des contacts sont pris avec des nouvelles agences de presse en métropole, et le Le Journal de l’île développe sa partie documentaire et éducative. Cependant pour les nouvelles nationales et internationales, on dépend toujours de la radio. Ce n’est que bien plus tard que le journal recevra par téléscripteur les bulletins de l’Agence France Presse (AFP).

En fait c’est sans doute sur le plan de l’information locale que les progrès seront les plus difficiles : " Il semblait ne rien se passer, dit René Martin-Darène. Peut-être parce que les "mass-media" n’existaient pas, ou peut-être parce qu’ils n’avaient rien à se mettre sous la dent ; peut-être aussi parce que les communications entre les hommes existaient très peu. Les seules informations que nous avions provenaient de l’administration ; elles concernaient la plupart du temps une construction nouvelle, une inauguration ou quelque chose du même genre. Je ne me souviens pas que quelqu’un ait réuni une seule fois la presse dans les cinq premières années de ma présence. La vie locale se trouvait extrêmement limitée". Et les "faits divers" étaient pratiquement inexistants".

Cela n’empêche pas, pourtant, le journal de progresser : après un an d’existence, il a plus de cinq mille abonnés et dépasse les dix mille en 1955. Mais le Journal de l’île reste malgré tout un petit journal. Il est encore, en grande partie, composé à la main, caractère par caractère, et est imprimé à plat. De plus, bien qu’un atelier de photogravure sur zinc ait été spécialement installé, le technicien venu tout spécialement de métropole, Jean Colbe, à raison de trois à quatre clichés par jour, n’est pas vraiment assailli par le travail.

Bouclé dans la matinée aux alentours de dix heures / dix heures trente, le journal est livré aux PTT en fin de matinée et distribué à Saint Denis dans l’après-midi. Pour le reste de l’île, il faut attendre le lendemain. Au centre-ville certains abonnés sont même livrés par porteuses qui possèdent la liste de leur clients et vont de maison en maison déposer le journal. Les adresses sont d’abord écrites à la main, sur l’en-tête de chaque numéro. Travail titanesque. Heureusement la technique s’améliore peu après par l’emploi des bandes-adresses, bien que pendant des années encore les adresses se rédigent à la main, d’où de nombreuses erreurs.

Plus tard, enfin, une machine imprimera automatiquement les adresses. En outre le journal participera activement à la vie du pays, ce qui permettra de le rendre populaire. Ainsi pour la première fois un journal organise des concours, des manifestations sportives ou des soirées de lutte (rappelez-vous le tour de l’île cycliste de 1954). Le quotidien s’intéresse aussi de près à la vie artistique du pays, ses distractions et surtout il en rend compte en images. La formule s’avère bonne, tant et si bien que le magazine mensuel la Vie Réunionnaise Illustrée viendra compléter Le Journal de l’Ile de la Réunion en 1958 : peu de textes mais beaucoup de retours en images sur les événements qui ont marqué le mois.

Mais la Vie Réunionnaise, comme l’Almanach du Le Journal de l’île, aura une vie éphémère. Enfin le quotidien va s’intéresser à la vie quotidienne du pays. Il en résultera une marque indélébile pour le journal. "M. Fernand Cazal était un homme très "vieille France", très attaché au caractère français de l’île, dit René Martin-Darène. Dès le départ, il a dicté la politique du journal. Son caractère ne l’amenait pas à considérer que l’avenir de l’île était communiste…". De ce fait, après 1959, lorsque le Parti communiste parlera d’autonomie, la position du journal se fera encore plus nette. "On a dit qu’à cette époque La Réunion était catholique à cent un pour cent, raconte Henry Cazal. Notre journal défendait la position catholique, et nous étions fermement opposés au Parti Communiste. Mon père n’avait jamais été partisan du PC et quand il y avait des élections, il donnait la parole aux candidats non communistes. Mais le journal n’était pas attaché à l’un ou l’autre candidat : il soutenait tout simplement tous ceux qui s’opposaient au communisme, et en cas de deuxième tour, il soutenait le candidat le mieux placé pour battre le candidat communiste." Viscéralement anticommuniste, violemment opposé à tout séparatisme, voilà ce qui caractérise ce journal catholique qui en 1963 compte déjà treize mille abonnés.

Si la presse écrite connaît un véritable essor après la guerre, la presse parlée ne sera pas en reste. Elle va, en dix ans, devenir le moyen d’information incontournable dans un pays où le relief et les difficultés de communication, limitent la diffusion de ce qui est écrit.

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En 1991, le JIR est racheté par le groupe France Antilles qui prend ainsi pied dans le seul DOM où le groupe n’est jusqu’alors pas présent.

Le 31 août 2001, le journal fête ses 50 ans. À cette occasion, Jacques Tillier, son directeur, rappelle dans son éditorial du samedi que le JIR a, dans le passé, été le porte-parole « de la grande bourgeoisie bien pensante, assez loin du peuple mais à portée de main du sabre et du goupillon dans l’ombre de Michel Debré », avant de préciser que le journal a, depuis, « définitivement tourné la page » et se veut désormais un quotidien ni de droite ni de gauche, mais se situant « au milieu ».

En août 2005, une prise de participation croisée du Journal de l’île de La Réunion dans Le Quotidien de La Réunion et inversement a été annoncée.

En 2006, le journal quitte ses locaux du centre-ville de Saint-Denis pour s’installer à Sainte-Clotilde où il occupe l’intégralité du premier étage du centre d’affaires Cadjee.

En 2008, Jean-Louis Rabou succède à Jacques Tillier. C’est cette année que le JIR change de formule avec une édition entièrement en couleurs.

En février 2009, Jean-Louis Rabou quitte ses fonctions après moins d’un an d’exercice.

En avril 2009, Abdul Cadjee rachète la majorité des parts détenues par le Groupe Hersant. Jean-Baptiste Mariotti succède à Jean-Louis Rabou.

En 1998 Le JIR propose une édition électronique de son quotidien appelée Clicanoo.

31 août 2011 Le JIR fête ses 60 ans , le Journal de l’Île vous propose de télécharger gratuitement l’édition du jour et son supplément

Source et images : Le Journal de l’île et Wikipédia

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