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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

Le Vétiver, une plante à parfum de La Réunion

Le vendredi 6 mai 2011, il y a 6 années | @LeRédac | 4 706 vues

Le vétiver, Vetiveria zizanoïdes, une graminée comme la canne à sucre, pousse dans les régions tropicales et subtropicales. C’est la plus ancienne des plantes à parfum réunionnaise. Cultivée entre autre à Lianes, village de la commune de Saint-Joseph, berceau historique du Vétiver, elle a été introduite à La Réunion dans les années 1800. C’est M. Ferdinand Pévérelly qui a pour la première fois distillé du vétiver.

vetivert

A La Réunion on le cultive pour la distillation en vue d’obtenir l’essence de vétiver utilisée en parfumerie. Elle est aussi utilisée en infusion. En dehors de cette utilisation ses racines, lavées et séchées, sont utilisées pour la confection de brosses, la conservation des meubles et du linge car elle chasse les mites.  Autrefois ses longues feuilles une fois mise en bottes et séchées constituaient la matière première de certaines paillotes créoles et  pour le toit de nombreuses cases. Lissée après avoir été séchée, cette herbe étaient tressée par les femmes du pays et transformée  en capeline ou paniers.

Cette plante possède également une capacité étonnante en matière de protection des sols. Des expériences réalisées dans les pays de l’Asie et de l’Océan Indien ont montré qu’elle est capable de filtrer l’eau de ruissèlement et de la répandre le long des haies, de retenir les particules nutritives du sol, d’augmenter le rendement des étendues cultivées en permettant une meilleure concentration de l’humidité et de stopper la progression de mauvaises herbes et des rhizomes, agissant ainsi comme une barrière protectrice.De plus la plante est très résistante aux cyclones et  ne demande pas beaucoup de soins.

Robuste et résistante aux maladies, elle atteint un mètre en hauteur. Les racines tordues sont longues, environ 2 mètres . Celles-ci retiennent beaucoup la terre lors des intempéries, aussi les plante-t-on dans les cours, en bordure des jardins et parfois sur des pentes. C’est la racine qui une fois distillée fourni l’essence de vétiver utilisé en parfumerie.

Les premières exportations d’essence de vétiver réunionnais, appelée "Le Bourbon", débutèrent au début du siècle. Leur progression fut rapide et en 1969, tous les records d’exportation furent battus avec 48 t. Mais dès l’année suivante, la production d’essence commençait à chuter, de 35 t à 900 kg en 1996. Les estimations pour cette année tournent autour de 700 kg. Ce déclin est attribué au manque de main-d’œuvre, à la sècheresse, au ver blanc, à la réduction de la superficie cultivée et aussi au manque d’organisation des producteurs.

Actuellement Le vétiver de la Réunion est dans une situation marginalisée. Après une absence du marché entre 1998 et 1999, les ventes ont été de l’ordre de 450 kg en 2002 et 2003. Le vétiver en provenance d’Haïti s’est imposé à un prix 2 à 3 fois inférieur. Il existe cependant un marché historique et traditionnel pour le vétiver Bourbon issu de la Réunion.

L’essence réunionnaise réputée pour sa qualité entre encore dans la composition des parfums les plus prestigieux comme ceux des maisons Chanel, Guerlain ou Yves St-Laurent. Mais pour des productions moins luxueuses, son prix élevé l’expose à la rude concurrence des essences venues d’ Haïti, du Brésil, de Chine ou de Java.

Source : www.syfia.info et www.mi-aime-a-ou.com

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