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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

40 Questions / Réponses sur le Chikunguya !

Le mardi 1 mars 2011, il y a 9 ans | @LeRédac | 3 169 vues

Qu’appelle-t-on le chikungunya ou Chik ?
Le chikungunya est une maladie provoquée par un virus de la famille des Togaviridae. Elle n’est pas mortelle mais peut être très invalidante. L’incubation (délai entre la contamination ou piqûre infestante et l’apparition des signes cliniques chez l’homme varie entre 4 et 7 jours). Il s’agit d’une arbovirose : le virus responsable de la maladie est transmis par un arthropode (moustique).

Le chikungunya est-il une maladie connue ?
Le chikungunya a été décrit pour la première fois en Tanzanie en 1952. C’est une maladie qui sévit en Afrique et en Asie depuis cette époque. Cette maladie a cependant été peu décrite dans la littérature.

humourComment le virus chik est-il transmis ?
La transmission s’effectue uniquement par l’intermédiaire d’un moustique vecteur. Celui-ci prélève le virus en piquant une personne atteinte de la maladie pendant la phase de virémie et se contamine à son tour. Lors d’une autre piqûre, il peut transmettre le virus à une personne saine.

Y a-t-il une transmission du virus d’homme à homme ?
Non, la transmission s’effectue uniquement par le biais d’un moustique vecteur. Néanmoins, la transmission artificielle par la transfusion sanguine et la greffe est théoriquement possible, d’où les mesures de précaution prises pour écarter notamment du don de sang les personnes atteintes de la maladie.

Le virus peut-il se transmettre de la femme au fœtus (transmission materno-fœtale) ?
La transmission du virus de la mère à l’enfant n’a jamais été rapportée jusqu’à présent dans la littérature scientifique, pas plus que l’existence de formes neuro-méningées imputables au virus chikungunya. Cependant, le Centre hospitalier de Saint Pierre a signalé à la fin du mois de septembre 3 cas suspects de méningo-encéphalite chez des nouveau-nés évoquant une transmission mère-enfant du virus chikungunya. Les prélèvements ont été analysés au Centre National de Référence (CNR) des arboviroses de Lyon, seul laboratoire à même de procéder à ce type d’investigation pour l’ensemble du territoire national. Le CNR a confirmé un cas de transmission mère-enfant. L’interprétation de ces données nouvelles est en cours au Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France.

L’Homme est-il le seul porteur du virus ?
En zone d’endémie africaine, le réservoir de virus est le singe mais, en période épidémique, le principal « réservoir » du virus est l’homme. C’est la plupart du temps celui-ci qui transporte le virus d’une zone à l’autre, et contribue donc à sa diffusion géographique. Le virus est présent dans le sang lors de la « période virémique » ou « virémie ». Cette période débute le jour du début des symptômes (J0) et dure environ jusqu’à J+5. La transmission du virus de l’homme au moustique se fait donc à l’occasion de piqûres pendant la période virémique.
En dehors de l’homme et du singe, certains animaux peuvent également être porteurs du virus mais leur contribution à la circulation virale est mal connue (animaux domestiques, reptiles etc). Le moustique contaminé le reste toute sa vie et peut donc transmettre le virus à chaque piqûre.

chikaviaireLe virus chikungunya pourrait-il muter ?
Le virus du CHIK est très stable et la probabilité d’apparition de mutations est extrêmement faible. Cette possibilité a été évoquée pour expliquer les formes neuro-méningées inhabituelles de la maladie, mais le CNR a écarté cette hypothèse.

Qu’est ce qu’une épidémie ?
Une épidémie est une atteinte simultanée d’un grand nombre d’individus d’un pays ou d’une région par une maladie particulière. Trois conditions sont nécessaires pour l’apparition d’épidémies :

  • présence de l’agent infectieux (le virus),
  • présence d’un moustique vecteur en grand nombre,
  • la population exposée doit être non immune ou « naïve », c’est-à-dire qui n’est pas immunisée contre l’agent infectieux.

Par ailleurs, la densité de population joue aussi un rôle puisque les épidémies de chikungunya se produisent toujours en zone urbaine.

Que signifie le terme d’« endémie » ?
L’épidémie diffère de l’endémie en ce que la première est un état aigu accidentel et la seconde un état constant ou périodique. Dans le cas du chikungunya, la persistance du virus pendant l’hiver austral fait craindre une endémisation (installation durable) du virus à La Réunion.

Quels sont les symptômes du chikungunya ?
Le chikungunya se traduit généralement par une fièvre à début brutal, des maux de tête et des douleurs vives aux articulations des membres (poignets, chevilles, mains). Moins fréquemment peuvent apparaître des éruptions cutanées (plaques rouges sur tout le corps), signes digestifs, respiratoires ou ORL. Comme d’autres arboviroses, une infection à chikungunya peut passer totalement inaperçue (c’est-à-dire que la personne ne présentera aucun des symptômes, on parle alors d’infection asymptomatique) comme elle peut être responsable de symptômes douloureux et persistants. L’importance des symptômes dépend de la réponse immunitaire de chacun et d’éventuels antécédents.
Des études sont en cours pour évaluer et tenter de comprendre la persistance dans le temps des symptômes liés à une infection par le virus chikungunya.

Le chikungunya peut-il être à l’origine de cas de méningo-encéphalites ?
La bibliographie relative aux épidémies de chikungunya n’a jamais fait état de cas de méningoencéphalite suspectée d’être liée à l’infection par le virus chikungunya… Pour les 7 cas suspects signalés à la Réunion à ce jour, il s’agirait donc d’une première mondiale. C’est pourquoi le Conseil Supérieur d’Hygiène Publique de France examine actuellement l’interprétation qu’il convient de leur donner. Par précaution, le dispositif de surveillance du chikungunya intègre depuis le mois d’octobre 2005 un recueil des cas de méningo-encéphalite suspectée d’être liée à l’infection par le virus chikungunya, y compris chez le nouveau-né.

Que faire lorsque apparaissent les premiers symptômes ?
Il faut consulter un médecin qui prescrira un traitement en fonction des symptômes. Il faut également se protéger contre les piqûres de moustiques afin d’éviter de transmettre la maladie à ses proches et contacter rapidement le service de Lutte Anti-Vectorielle pour que celui-ci effectue une désinsectisation dans la zone.

Existe-il des tests de diagnostic rapide du chikungunya ?
La confirmation biologique d’une infection à virus chikungunya s’effectue par analyse sérologique (recherche dans le sang d’anticorps spécifiques au virus) ou micro biologique (isolement du virus, PCR). Les tests sont actuellement effectués en métropole et 10 jours environ sont nécessaires pour obtenir les résultats. Cependant les symptômes du chikungunya sont assez spécifiques et le médecin peut établir le diagnostic sans s’appuyer nécessairement sur une analyse biologique.

Peut on être malade plusieurs fois à cause du chikungunya ?
Non, toute personne qui a été infectée une fois acquiert naturellement une immunité durable (plusieurs années). En revanche, certaines douleurs aux articulations (arthralgies) peuvent persister ou réapparaître sur des périodes de temps variables. Il s’agit d’une réaction articulaire indépendante d’une réinfection par le virus.

Y a-t-il des populations plus exposées au risque d’infection par le virus chikungunya ?
Aucune catégorie de population (âge, sexe, profession, ethnie etc.) n’est à l’abri du chikungunya. Si elle n’épargne personne, la maladie touche cependant préférentiellement les plus de 30 ans et les femmes (60% du total des cas).

Existe-t-il un vaccin chez l’homme ? Est-il possible à court terme ?
Non, il n’existe pas de vaccin chez l’homme. La recherche d’un vaccin, son élaboration et sa commercialisation prennent plusieurs années. A part un essai chez la souris, aucun laboratoire n’a pour l’instant lancé d’étude dans ce sens.

Existe-t-il un traitement curatif efficace chez l’homme ?
Il n’existe pas de traitement actif contre le virus du chikungunya. Des traitements symptomatiques peuvent cependant être efficaces, notamment contre les douleurs articulaires et la fièvre.

Comment éviter d’être infecté par le chikungunya ?
Du fait de l’absence de vaccin ou de médicaments préventifs, la seule manière de ne pas être infecté est de s’exposer le moins possible aux piqûres de moustiques. Cette mesure s’appuie sur la destruction des gîtes larvaires afin de faire baisser la densité de vecteurs, et la protection individuelle contre les piqûres d’insectes. Questions portant sur le vecteur du virus chikungunya

Connaît-on les moustiques vecteurs du chikungunya ?
Dans une grande majorité des cas, l’espèce Aedes albopictus a été retrouvée autour du domicile des personnes malades. Ce moustique, à l’aspect zébré noir et blanc, vit en milieu urbain et est très commun à La Réunion. Il se trouve sur tout le littoral jusqu’à une altitude de 800 mètres. Une autre espèce, Culex quinquefaciatus, a également été retrouvée dans quelques jardins. D’après la bibliographie, ce moustique, ainsi que certains anophèles, pourrait éventuellement être vecteur mais ce n’est pas démontré. Aedes albopictus est le vecteur présumé (mais non confirmé) de l’épidémie de chikungunya à La Réunion.

mos_aedes_albopictus_adult

Tous les moustiques vecteurs ou potentiellement vecteurs du chikungunya sont-ils porteurs du virus ?
Non. Parmi une espèce donnée de moustiques vecteurs, tous les individus ne sont pas porteurs du virus. Seule une faible proportion est à priori contaminée. La littérature s’accorde à dire, dans le cas du paludisme, que quelques pourcents seulement de moustiques femelles Anophèle sont contaminés par le parasite plasmodium lors d’épidémies de paludisme. Cette proportion n’est pas précisément connue dans le cas des arboviroses et varie de toute façon en fonction de multiples paramètres.

Pourquoi les moustiques piquent-ils ?
Tous les moustiques se nourrissent de nectar et de fruits. Seules les femelles de certaines espèces sont hématophages (qui consomment du sang) non pas pour se nourrir mais pour obtenir la source de protéines nécessaire à la fabrication des œufs (ovogenèse). L’ovogenèse dure entre 3 et 4 jours. Aedes albopictus et Culex quinquefaciatus sont des espèces hématophages.

Quel est le cycle de vie du moustique Aedes ?
Le cycle de développement du moustique se caractérise par une phase aquatique des stades immatures (œufs, larves et nymphe) et une phase aérienne (adulte). La femelle moustique pond ses œufs dans l’eau (une centaine par ponte). Les œufs éclosent en 48 heures environ pour donner naissance à des larves. Ces larves vont passer par 4 stades de développement (environ 5 à 6 jours) pour devenir des nymphes. Le stade nymphal dure de 1 à 2 jours, et aboutit à l’émergence du moustique adulte. La durée totale du cycle de développement des stades immatures dure de 7 à 10 jours, et est intimement dépendante des conditions climatiques et de l’alimentation des larves. La relation entre le moustique et l’eau est donc fondamentale.

Combien de temps vit un moustique adulte ?
L’espérance de vie d’un moustique est difficile à calculer dans la mesure où les expérimentations en laboratoire ne sont pas transposables dans le milieu naturel. D’après la bibliographie, la durée de vie d’un moustique varie, au mieux, entre 3 semaines et un mois.

Où la femelle Aedes albopictus pond-elle ses œufs ?
La femelle Aedes albopictus pond ses œufs dans un « gîte ». Il est constitué d’une simple rétention d’eau stagnante. Les femelles pondent leurs œufs dans les collections d’eau douce et peu chargée en matière organique (eau claire). Il existe différents types de gîtes :

  • Gîtes domestiques : récipients de stockage d’eau de pluie, soucoupes sous les pots de fleurs, vases à boutures…
  • Gîtes péri domestiques : récipients exposés à la pluie, gouttières bouchées avec stagnation d’eau, piscines abandonnées et bassins, pneus et détritus abandonnés dans le jardin, bambous coupés, végétaux à feuilles engainantes…
  • Gîtes naturels : ravine, trous de rocher, trous ou fourches d’arbre, marécages, ornières…

Environ 80% des gîtes sont créés par l’homme (gîtes domestiques et péri domestiques). Le moustique Aedes est sédentaire : il ne s’éloigne pas de plus de 100 mètres de son gîte d’origine.

A quels moments de la journée Aedes albopictus pique t-il préférentiellement ?
L’adulte (femelle) a une activité diurne, avec deux pics d’activité plus importants : un le matin, au lever du soleil, et un en fin d’après-midi au coucher du soleil (souvent plus intense en terme d’agressivité). Aedes albopictus pique généralement en extérieur (il est exophage) mais il peut s’introduire dans les maisons pour piquer.

Le moustique contaminé par le virus est-il lui-même affecté par la maladie ?
Non. Apparemment la présence du virus dans le corps du moustique ne l’affecte pas. La femelle devenue infectante le reste toute sa vie. La transmission du virus chikungunya de la femelle moustique à ses œufs n’est pas prouvée (cette transmission a été démontrée dans le cas du virus de la dengue).

Peut-on éradiquer les moustiques ?
L’éradication du moustique est utopique. Il existait avant l’apparition de l’homme, et existera vraisemblablement après lui. Aucun programme d’éradication réussi d’une maladie vectorielle dans un pays n’a vu la disparition du vecteur, mais celle de l’agent infectieux (l’éradication du paludisme à La Réunion est liée à la suppression de la circulation du parasite plasmodium, mais le vecteur potentiel Anophele arabiensis est toujours présent en milieu naturel dans les ravines).
Les Aedes développent en plus des stratégies de survie remarquables : d’une part les femelles ne pondent pas tous leurs œufs dans le même gîte, pour multiplier leur chance de survie dans l’environnement, d’autre part les œufs pondus peuvent rester déshydratés pendant plusieurs mois et éclore dès la remise en eau du gîte.

Pourquoi la DRASS ne peut traiter en préventif les maisons comme lorsqu’il s’agissait de lutter contre le paludisme ?
Contrairement au vecteur du paludisme, le moustique responsable du chikungunya, Aedes albopictus, vit et se repose sous le couvert végétal et ne séjourne pas à l’intérieur des maisons. Le traitement préventif des maisons par un insecticide est donc inefficace contre ce type de moustique.

Que puis-je faire pour réduire le risque de tomber malade et pour me protéger moi et mon entourage ?
En l’absence de vaccin et de médicaments préventifs, le seul moyen de réduire le risque de tomber malade consiste à réduire le risque d’être piqué par un moustique infecté. Il faut donc, d’une part, se protéger individuellement contre les piqûres, et d’autre part, réduire la présence des moustiques autour de son domicile en détruisant les gîtes larvaires (voir question ci-après « comment réduire la présence des moustiques autour de l’habitation ? »).

Comment se protéger de la piqûre des moustiques ?
Plusieurs modes de protection individuelle sont disponibles :

  • ventilation par brasseurs d’air ou climatisation,
  • diffuseurs électriques de produits insecticides ou serpentins pour l’extérieur,
  • crèmes et sprays répulsifs. Les produits standards sont déconseillés aux femmes enceintes et aux jeunes enfants, le pharmacien peut conseiller des produits adéquats.
  • Port de vêtements longs le soir pour réduire la surface de peau découverte, surtout sur les jambes et les chevilles.

Les sprays et crèmes contre les moustiques peuvent-elles être utilisés par tous ?
Oui, sous réserve du respect des contre-indications éventuelles liées à l’âge et la grossesse.

Comment réduire la présence des moustiques autour de l’habitation ?
Pour réduire la présence de moustiques autour de son habitation, il faut détruire les gîtes larvaires, c’est-à- dire les lieux de ponte du moustique (voir la question sur le vecteur du chikungunya « Où la femelle Aedes albopictus pond-elle ses œufs ?»). Après chaque pluie, il est conseillé d’effectuer une visite autour de la maison et de supprimer tous les récipients, objets divers, déchets, végétation qui contiennent de l’eau, car c’est dans ces rétentions d’eau que le moustique va pondre. Les récipients de stockage d’eau de pluie doivent être fermés hermétiquement ou recouverts d’une moustiquaire, les soucoupes sous les pots de fleurs doivent être supprimées, l’eau des vases à boutures doit être renouvelée une fois par semaine. Les récipients exposées à la pluie doivent être retournés ou mis à l’abri de la pluie, les pneus et détritus abandonnés dans le jardin doivent être éliminés (ou percés pour les pneus), les gouttières bouchées avec stagnation d’eau doivent être réparées, les piscines abandonnées et les bassins doivent être chlorés, empoissonnés ou remplis de sable …

Dois-je me protéger aussi contre la piqûre des moustiques lorsque je suis atteint du chikungunya ?
Oui, il est indispensable de se protéger contre les piqûres lorsqu’on présente les symptômes du chikungunya. En effet, pendant les 5 premiers jours de la maladie (phase de virémie), la personne malade est porteuse du virus dans son sang. Chaque moustique qui piquera une personne malade durant cette période se contaminera en prélevant le sang et donc le virus. Se protéger pendant la période de virémie, c’est éviter de transmettre l’infection à son entourage.

Qui se charge de réduire le nombre de moustiques sur le domaine public ?
Le moustique se reproduit également sur le domaine public (parcs boisés, ravines, enceintes de bâtiments publics, fossés des routes…). Les pouvoirs publics (Mairies, Etat) se chargent de lutter contre le moustique sur la voie publique (nettoyage des ravines, ramassage des déchets, traitement préventifs des gîtes très productifs, des écoles, des crèches…).

Puis-je traiter contre les moustiques volants chez moi ?
Les produits insecticides utilisés par la DRASS pour démoustiquer ne sont pas en vente libre dans le commerce. Ces produits sont réservés aux professionnels et aux sociétés ayant un agrément. Il existe quelques produits dans le commerce à base de deltaméthrine mais ces produits sont agréés pour le traitement contre les insectes et ne sont donc pas spécifiques aux moustiques (ce qui pourraient poser des problèmes par exemple pour les abeilles). De toute les façons, la DRASS préconise de ne pas utiliser de produits insecticides pour traiter les jardins particuliers, et ceci pour plusieurs raisons :

  • Ces produits doivent être manipulés avec des précautions particulières (gants, masques, combinaisons) du fait du risque d’intoxication,
  • Le traitement n’est valable que quelques jours et doit être renouvelé après chaque pluie,
  • Une utilisation massive et incontrôlé de ces produits peut entraîner des résistances chez le moustique, ce qui serait une catastrophe car plus aucun traitement ne serait possible par la suite.

La DRASS recommande en revanche la protection individuelle contre les moustiques et l’élimination des gîtes larvaires dans les jardins. A noter également qu’il existe des bombes insecticides efficaces contre les moustiques qui pénètrent dans l’habitation.

Pourquoi ne pas effectuer des traitements par avions ou ULM ?
Ce type de traitement n’est efficace que sur les moustiques adultes se trouvant en plein air au moment de l’épandage. Dans la mesure où le moustique responsable du chikungunya vit sous le couvert végétal, ce traitement n’affecterait qu’une infime proportion de la population vectorielle, population qui, en outre, se reconstituerait immédiatement dès l’éclosion des larves. Par ailleurs, l’épandage insecticide en milieu urbain comporte, pour la population exposée, un risque important de complication respiratoires (asthme, en particulier). Ce type de traitement, qui peut se concevoir pour certaines espèces de moustique vivant en zone marécageuse, est donc inefficace et dangereux dans le cas du chikungunya.

Les pulvérisations spatiales d’insecticides, effectuées par véhicules 4*4 dans les quartiers, présentent-elles un danger pour la santé ?
Non, les pulvérisations spatiales ne présentent pas de danger pour la population, à partir du moment où on respecte les conditions suivantes :

  • ne pas s’approcher du véhicule,
  • fermer portes et fenêtres de la maison pendant les opérations de traitement,
  • rentrer le linge séchant ainsi que les jouets des enfants dans le jardin,
  • ne pas retourner dans le jardin avant deux heures.

Le nuage d’insecticide « retombe » en moins de 15 minutes. Néanmoins, les personnes présentant des pathologies respiratoires (asthme surtout) doivent éviter d’être exposées au produit insecticide.

Quelles sont les recommandations pour les personnes en visite à La Réunion ?
Les personnes en visite à La Réunion doivent se prémunir des piqûres de moustiques. Les moyens de protection individuels (ventilation, sprays et crèmes, diffuseurs électrique, serpentins, port de vêtements longs le soir) sont à appliquer en priorité. Les voyageurs à l’arrivée à La Réunion sont prévenus par voie d’affichage et distribution de tracts des mesures de prévention à prendre.

Des restrictions sont elles imposées aux voyageurs ?
Non. Ces mesures seraient contraignantes à mettre en œuvre (sorte de quarantaine) et contraire aux règles de libre circulation des personnes.

Y a-t-il un risque d’importer la maladie dans un autre pays ?
Le virus peut passer d’un pays à l’autre par l’intermédiaire du voyageur. Le virus pourrait difficilement s’implanter en métropole par exemple, du fait de conditions climatiques peu propices à la présence du vecteur. Il est préférable, si les symptômes apparaissent alors que vous effectuez un séjour en métropole, de signaler au médecin cette maladie. En revanche, les îles avoisinantes de l’Océan Indien (Maurice, Madagascar, Comores, Mayotte, Seychelles) présentent les conditions idéales pour le développement d’au moins deux des vecteurs à l’origine d’épidémies de chikungunya : Aedes aegypti et Aedes albopictus. L’épidémie qui a touchée La Réunion a débuté aux Comores et d’autres îles ont déclaré avoir également eu des cas (Mayotte, Maurice, Seychelles). Si les symptômes du chikungunya apparaissent alors que vous effectuez une visite dans l’un des pays de la ZOI, il est fortement recommandé de le signaler aux Autorités Sanitaires du pays.

A noter :

"La surveillance du chikungunya à la Réunion repose sur un dispositif de signalement suivi d’un repérage actif et rétrospectif des cas suspects par les équipes de lutte anti-vectorielle dans l’entourage des cas signalés. Les médecins sentinelles du réseau animé par l’Observatoire régional de la santé, les laboratoires de biologie médicale, les médiateurs communaux et les malades constituent les sources du signalement. Le service de lutte anti-vectorielle repère les cas suspects récents et anciens dans les 10 maisons autour du domicile de chaque cas (signalé ou détecté) au moyen d’une fiche de renseignement standardisée et, de proche en proche, identifie les foyers de transmission. Parallèlement, les professionnels de santé ont été informés individuellement par la Drass de la réalité de l’épidémie et incités à prescrire des examens biologiques de confirmation. Ce dispositif a été complété secondairement par le signalement à la Drass par les établissements de santé des cas de méningo-encéphalite associés à une infection par le virus chikungunya, y compris pour les nouveau-nés."

Source : Préfecture de La Réunion. Pôle régional santé publique et cohésion sociale. Direction régionale  des affaires sanitaires et sociales.

Photo et en savoir plus : http://www.chikungunya.fr

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