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La Ptite Gazette de l' Île de La Réunion

Un tiers des espèces végétales menacées de disparition à la Réunion !

Le vendredi 17 décembre 2010, il y a 9 ans | @LeRédac | 5 844 vues

Après une première série de chapitres consacrés à la faune de La Réunion, la démarche de la Liste rouge des espèces menacées en France s’est portée sur la flore de l’île. Les résultats font apparaitre une situation très préoccupante.

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Près d’une espèce végétale sur trois est menacée de disparition sur l’île de la Réunion, selon un état des lieux présenté jeudi par le Muséum national d’Histoire naturelle et le comité français de l’Union internationale pour la conservation de la nature (UICN).

L’ensemble de la flore vasculaire, dite flore « supérieure », a été analysée et passée au crible des critères de la Liste rouge, soit 905 espèces indigènes de fougères et de plantes à fleurs de La Réunion. Les évaluations réalisées montrent que 49 espèces végétales ont déjà disparu de l’île et que 275 autres sont aujourd’hui menacées.

Sur les 905 espèces indigènes de fougères et de plantes à fleurs connues sur l’île, 49 espèces (5,4%) "ont déjà disparu et 275 autres (30,4%) sont aujourd’hui menacées", selon ce constat qui s’inscrit dans l’élaboration d’une "Liste rouge des espèces menacées en France".

La particularité de la Réunion est de compter "237 espèces végétales (qui) ne se rencontrent nulle part ailleurs, parmi lesquelles 82 sont menacées (soit 35%)", ajoutent les auteurs de cet état des lieux.

L’homme reste la principale cause de la régression des espèces végétales réunionnaises avec "la destruction et la dégradation des habitats naturels".

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Outre ces perturbations humaines directes, la flore de l’île est soumise à la forte concurrence des espèces végétales introduites qui envahissent et dégradent la plupart des milieux naturels. Plus de 100 espèces introduites constituent désormais la menace majeure pour la flore locale, telles que le Goyavier, qui envahit de nombreux habitats naturels et menace les espèces locales qui y vivent, ou la Liane papillon, qui affecte les derniers vestiges de la forêt semi-sèche et menace des espèces comme le Bois de chenilles (Clerodendrum heterophyllum), arbuste classé “En danger critique d’extinction”.

Le Mazambron marron (Aloe macra) est lui aussi victime de l’envahissement de son habitat par des plantes introduites, comme le Raisin marron ou le Galabert, et souffre de la prédation par des animaux introduits comme les escargots Achatines. Il est désormais en catégorie “En danger”.

D’autre part, certaines espèces de plantes sont soumises à une forte pression de prélèvement. En raison de leur beauté, plusieurs espèces d’orchidées sont récoltées à des fins commerciales, comme le Petit Muguet (Beclardia macrostachya) ou le Gros Faham (Cryptopus elatus), tous deux “Quasi menacés”. Le Bois de ronde (Erythroxylum sideroxyloides), classé “Vulnérable”, est quant à lui braconné pour les vertus thérapeutiques de son écorce.

Cette flore indigène est marquée par un taux d’endémisme élevé qui confère à la France et aux acteurs réunionnais de fortes responsabilités : 237 espèces végétales ne se rencontrent nulle part ailleurs, parmi lesquelles 82 sont menacées (soit 35%), comme le Petit Tamarin des Hauts, “En danger”, et le Bois d’éponge, “En danger critique”. La disparition de ces espèces de l’île entrainerait leur extinction mondiale. De plus, 152 autres espèces sont endémiques des Mascareignes (Réunion, Maurice, Rodrigues), comme Megalastrum canacae, une fougère présumée disparue de Maurice et classée “En danger” à La Réunion.

Pour répondre à ces menaces, des actions de conservation et de gestion des milieux naturels ont été mises en place. Les espèces à forte valeur patrimoniale les plus menacées, comme le Bois de senteur bleu (Dombeya populnea) ou le Bois amer (Carissa spinarum), bénéficient d’un plan national d’action pour assurer leur sauvegarde. Des espèces en voie d’extinction non revues depuis des années font l’objet de plans d’urgence destinés à les retrouver. C’est ainsi que l’espèce Ipomoea littoralis, une liane littorale présumée disparue, a été récemment signalée grâce aux prospections réalisées. En complément, une stratégie de lutte contre les espèces invasives, associant de nombreux partenaires, vient d’être mise en place pour répondre à l’ampleur de cette menace pour les écosystèmes et les espèces originales de l’île. La Liste rouge contribuera dans l’avenir à appuyer l’évolution des mesures règlementaires et à orienter et renforcer les actions en faveur de la flore de La Réunion.

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