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Revue de presse de l' actualités de l' île de la Réunion du 04 Septembre 2010
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Les malades contraints de se rendre en métropole

Le centre hospitalier régional (CHR) étant actuellement le seul établissement français dans le sud de l'océan Indien autorisé à pratiquer l'activité de greffe rénale sur le site de Saint-Denis (hôpital Bellepierre), aucune transplantation rénale ne pourra plus être pratiquée dans l'île jusqu'à la fin de l'année. “Pour pallier cette suspension temporaire, le CHR, en lien avec l'Agence de la biomédecine, met en place un dispositif pour organiser la transplantation en métropole, dans des centres situés à Paris et à Lyon”, a indiqué l'ARS dans un communiqué. Les patients seront toujours prélevés à la Réunion et le futur greffé prendra l'avion avec son greffon, à destination d'un hôpital de métropole. Cette nouvelle organisation préserve donc l'accès à la greffe rénale pour les 157 malades inscrits actuellement en liste d'attente. Aussi, le directeur du CHR, Laurent Bien, tient à souligner qu'un “courrier a été personnellement adressé aux malades concernés par la greffe”. Et de préciser que “nous avons négocié avec la Sécurité sociale pour que tout soit pris en charge : l'évacuation sanitaire mais aussi l'accompagnement”. Une nouvelle charge qui viendra donc creuser un peu plus le déficit de l'Assurance-maladie… Par ailleurs, l'ARS fait savoir qu'elle “étudie toutes les solutions et partenariats pour réorganiser l'accès à la transplantation rénale sur l'île, dans les délais les plus courts possibles”. Autrement dit, un autre établissement réunionnais pourrait être sollicité pour pratiquer les transplantations.

Ce n'est pas la première suspension…

S'il s'agit de la plus grave situation conduisant à l'arrêt de l'activité de greffe rénale à la Réunion, ce n'est pas la première fois que l'île est confrontée à une telle situation. Entre mars 1992 et décembre 1993, suite à une mission de l'inspection générale des affaires sociales (IGAS), la transplantation rénale a déjà été suspendue. L'IGAS avait découvert des cas d'hépatite C dans le service de dialyse. En mars 1994, un grave incident a aussi conduit les autorités sanitaires à un arrêt temporaire des greffes. Il s'agissait cette fois de deux reins qui sont arrivés nécrosés au moment de pratiquer la greffe. Enfin, de juin 1996 à 2000, il y a eu une interruption à cause du manque de chirurgiens. Fin 2009, un audit avait été commandé par l'agence régionale d'hospitalisation (ARH) sur la chaîne de transplantation. “Ils avaient conclu que le problème venait du laboratoire d'immunologie, rapporte un médecin. Visiblement, le défaut pointé du doigt n'était pas le bon…”

La greffe rénale suspendue après deux décès suspects

L'Agence de santé de l'océan Indien (ARS-OI) a annoncé, hier, la suspension temporaire de l'activité de greffe rénale à l'hôpital de Bellepierre, après la révélation de graves dysfonctionnements par une mission d'inspection. Deux Réunionnais, dont un jeune de 27 ans, seraient décédés dans des circonstances suspectes.

“Un enjeu majeur de santé publique à la Réunion.” C'est en ces termes que le directeur du centre hospitalier régional (CHR), Michel Calmon, qualifiait la greffe rénale le 1er avril dernier, lors d'une conférence de presse. Pourtant, à peine quelques jours après ce discours, un homme de 27 ans est décédé suite à une greffe rénale dans son établissement. Peu de temps après avoir reçu son nouveau rein, ce Réunionnais a fait une embolie pulmonaire (caillot de sang venant boucher l'artère irriguant le poumon). Négligence ? Faute involontaire ? Les circonstances de cet accident n'ont pas encore été dévoilées. Le jeune homme a en tout cas été transféré au centre hospitalier Gabriel-Martin (CHGM) où il a succombé. “Il n'est pas normal qu'il ait été traité dans cet hôpital, soutient un spécialiste de la question. Normalement, tous les greffés doivent être traités à Bellepierre dans le service de transplantation, quelque que soit leur maladie, car ce sont des patients particuliers qui nécessitent certaines connaissances.”

“Trop fatigué” pour opérer

Il y a à peine un mois, un nouveau drame s'est déroulé lors d'une greffe pratiquée au CHR de Saint-Denis. Cette fois-ci, c'est en pleine intervention chirurgicale que le malade est décédé, suite à une hémorragie. Selon nos informations, ce Dionysien, âgé de 50 ans, n'aurait pas été opéré par un chirurgien habilité. Le médecin qui devait initialement pratiquer la transplantation aurait été “trop fatigué” pour aller au bloc opératoire. Ce dernier ayant déjà réalisé six greffes dans la semaine. Un collègue urologue lui aurait donc “rendu service”, “sous couvert du responsable”, précise un hospitalier. Malheureusement, l'intervention s'est mal déroulée et le patient a développé un syndrome hémorragique. “Il y a un problème organisationnel qui nécessite une mise à plat”, a concédé, hier, de manière laconique, le chirurgien qui aurait dû pratiquer l'opération. Suite à ces deux décès, une mission d'inspection a été diligentée le 23 août par l'agence de santé de l'océan Indien (ARS-OI) concernant la prise en charge médico-chirurgicale liée à l'activité de greffe rénale. Elle devrait notamment déterminer à quel niveau se situent les dysfonctionnements. Dans l'attente, l'ARS a adopté une mesure conservatoire. Elle a exigé la suspension temporaire de l'activité de transplantation rénale jusqu'à la fin de l'année “afin d'améliorer la qualité et la sécurité de la prise en charge des patients”. En revanche, l'activité de prélèvement est maintenue, tout comme celle de la greffe de cornée.

Les premières révélations de l'enquête

Hier, la direction de l'hôpital de Bellepierre se refusait à commenter les circonstances de ces décès, se contentant de parler “d'événements indésirables graves”. Laurent Bien, directeur du CHR de Saint-Denis, évoque seulement “la réduction du nombre de chirurgiens (passés de 6 à 4 aujourd'hui, ndlr) depuis quatre mois suite à des mutations dans d'autres établissements”. Mais d'autres praticiens n'hésitent pas à parler “d'incompétence chirurgicale”. Les faits n'étonnent pas grand monde dans le landerneau et plusieurs personnes avaient déjà dénoncé les risques inhérents à ce service, aboutissant jusqu'à un audit (lire par ailleurs). Le Dr Dominique Polycarpe, directeur de la veille et de la sécurité sanitaire à l'ARS-OI, a d'ailleurs reconnu, hier, qu'il serait “peut-être nécessaire de renforcer le personnel et la qualification des intervenants”. Et si l'ARS attend les conclusions de la mission d'inspection, plusieurs problèmes peuvent d'ores et déjà être pointés du doigt. “Les premiers éléments révèlent des dysfonctionnements autour de l'intervention chirurgicale mais aussi au niveau de la prise en charge des soins en post-opératoire”, indique le Dr Dominique Polycarpe. Il évoque encore des “difficultés dans la permanence des soins et dans l'organisation de cette activité”. Cet après-midi, la direction du CHR a promis de faire toute la lumière sur cette affaire

Marie Payrard

- “On risque de faire perdre confiance aux malades” La suspension qui a été prononcée hier n'étonne pas Hugues Hoareau, président de la fédération nationale d'aide aux insuffisants rénaux (FNAIR) : “Nous sommes déjà montés au créneau l'année dernière à cause de plusieurs dysfonctionnements, notamment des greffons de mauvaise qualité.” Ce transplanté est “favorable” à la décision de l'ARS de stopper les greffes rénales. “Nous voulons des greffes de qualité.” Néanmoins, il déplore l'impact sur les malades aujourd'hui : “On risque de faire perdre confiance aux malades insuffisants rénaux qui ont besoin d'une transplantation.”

- 550 greffés en 25 ans L'île enregistre quatre fois plus de personnes atteintes d'insuffisance rénale qu'en métropole. Une proportion qui s'explique par l'importance du diabète de type 2 dans notre département. Même si le nombre de diabétiques contraints à la dialyse a très fortement chuté avec les années, plus de mille Réunionnais ont leur vie suspendue à la dialyse aujourd'hui. Soit trois à quatre fois plus qu'en métropole. Actuellement, 157 personnes sont sur liste d'attente d'une greffe rénale. Et depuis que la transplantation rénale est pratiquée à la Réunion (1985), 550 patients ont pu en bénéficier. Désormais en moyenne, 35 greffes sont réalisées chaque année. Depuis le début de cette année, 25 ont été pratiquées. Mais le manque de greffons se fait toujours ressentir. Ainsi, en 2009, 3 Réunionnais inscrits en liste nationale d'attente sont décédés faute de greffe (ils étaient 5 en 2008 et 4 en 2007).

[- Une troisième affaire suspecte]

Selon nos informations, un troisième événement grave s'est déroulé dernièrement lors d'une greffe rénale pratiquée sur une Réunionnaise. Il s'agit d'un échec de greffe causé par un hématome compressif. Pour pratiquer une greffe, un tuyau allant du rein greffé à la vessie est posé jusqu'à cicatrisation. Ce tuyau est habituellement retiré au bout de trois semaines. “Il était mal mis en place, il n'était pas dans la vessie, raconte un praticien hospitalier. La couture n'étant pas protégée, il y a eu des fuites.” La malade a donc été réopérée mais a développé une phlébite (formation d'un caillot de sang dans une veine). “Elle a été mise sous anticoagulant et elle a fait un hématome au niveau de la transplantation”, poursuit le médecin. La poche de sang comprimant les vaisseaux, le rein ne pouvait plus fonctionner. Une troisième opération a donc été nécessaire il y a 15 jours pour lui retirer le rein qui lui avait été transplanté. La malade est retournée sur la longue liste des personnes en attente de greffe.

Une otarie sur la plage

Plage de l'Étang-Salé, le tournant. Les plagistes profitent d'une mer peu agitée et d'un soleil toujours de plomb. Les bodyboarders attendent patiemment la vague. À l'autre de bout de la rade de sable noir, les maîtres nageurs sauveteurs scrutent l'horizon. Comme d'habitude. Quand soudain, un groupe se forme au bord de l'eau, une chose sombre fait des ronds dans l'eau. “On a d'abord cru que c'était un chien, puis une tortue. Enfin, l'animal s'est rapproché un peu plus, là où se cassent les vagues, et a commencé à faire des galipettes dans les remous”, raconte Aurélie Leger. Munie de son appareil photo, elle immortalise la scène. De petites moustaches, un pelage marron et brillant, des yeux tout ronds. Elle est certaine, il s'agit d'une otarie.

Pas de blessures

“Elle n'était absolument pas farouche, elle jouait là, sous nos yeux. Elle est remontée vers la Pointe, nous l'avons suivie tranquillement avant de la voir reprendre le large”. L'animal marin est rapidement rejoint par un jet-ski. L'engin, piloté par un maître nageur sauveteur, s'approche à quelques centimètres, à peine. “Je l'avais repéré au large, on voyait l'animal remuer dans l'eau. J'ai cru qu'il était blessé”, continue Éric, MNS à l'Étang-Salé. Selon le jeune homme, la bête n'est pas une otarie mais un phoque. “Trop mignon, il avait une petite fourrure, il était trop clair pour être une otarie”. Otarie, phoque ? Le mammifère a nagé près de 10 minutes autour du jet-ski. “Il se tournait sur lui-même, je n'ai pas vu de blessures. On aurait dit qu'il faisait sa toilette”, en conclut le maître nageur. Alerté par les témoins, Bruce Cauvin du parc marin, s'est immédiatement rendu sur place. L'invité surprise avait déjà levé le camp. “On nous a dit que l'animal se dirigeait vers la Pointe des Avirons alors on a roulé un peu sur le littoral. En vain, nous n'avons rien vu”. Les scientifiques attendent désormais de récupérer des clichés dans le but d'en savoir un peu plus.

Laurène Mazier

“Une rencontre exceptionnelle”

Jean-Marc Devroye, vétérinaire et membre de Globice.

- Vous avez vu les photos, de quel animal s'agit-il ?

Jean-Marc Devroye : “Une otarie, c'est certain. Elle est jeune, moins d'un an, ça se voit à la rondeur de sa tête et de ses yeux. C'est difficile de dire à quelle espèce elle appartient car l'animal est juvénile. On peut néanmoins supposer qu'il s'agit d'une gazéla, la plus fréquente dans cette zone.

- D'oĂą vient-elle ?

D'Antarctique. Cette otarie est en post-sevrage. Ces animaux passent par une phase d'exploration mais d'ordinaire, ils ne viennent pas si haut et encore moins si près du bord. C'est une rencontre exceptionnelle. Maintenant, elle est en bonne santé donc il est peu probable que nous la revoyons.

- Une autre rencontre exceptionnelle a eu lieu avec un éléphant de mer, à Saint-Phillipe. Comment va Allan ?

Cela fait deux mois que nous ne l'avons pas vu. S'il avait suivi son cycle comme avant, on aurait dû le rencontrer en juillet. Alors, est-ce à cause du temps, de la houle, peut-être y avait-il moins de promeneurs cet hiver...Peut-être qu'Allan n'avait pas envie de venir. Nous n'avons plus de nouvelles.”

Entretien : L.M

Le ravisseur de femme échappe au retour en prison

Yvon Raison a été condamné hier à 24 mois de prison dont 17 avec sursis, par le tribunal correctionnel de Saint-Pierre, pour avoir menacé de mort puis enlevé sa compagne le 17 juillet 2009. Ayant déjà effectué 8 mois de détention préventive, le ravisseur ne retournera pas derrière les barreaux à moins de commettre un nouveau délit.

C'est le genre d'histoire qui finit souvent très mal. Un homme éconduit qui décide de faire revenir femme et enfants par la force. En mars 2009, la compagne d'Yvon Raison prend la poudre d'escampette après de nombreuses années de vie commune et deux petits venus au monde dans de mauvaises conditions. La jeune mère n'en peut vraisemblablement plus d'être “soumise, humiliée, considérée comme une chose”. Elle quitte le domicile familial basé à Saint-Joseph pour être accueillie avec ses marmailles de 6 et 8 ans dans un foyer d'urgence à Saint-Denis. Là, Yvon Raison viendra la traquer.

“Je ne l'ai pas menacée de mort”

Car il n'est pas question, pour ce natif de métropole installé depuis peu à la Réunion dont est originaire sa compagne, d'accepter la séparation. “Elle est partie sans donner d'explication alors que l'on venait juste de prendre un café et de fumer une cigarette après avoir mangé un lapin chez nous avec des amis. C'était le 5 mars 2009”. Il est comme ça Yvon Raison. Il se souvient étrangement parfaitement de toutes les dates ainsi que de détails insignifiants tout en transformant les éléments importants du passé. Ainsi, hier, à la barre du tribunal correctionnel chargé de le juger pour vol, menace de mort et enlèvement,, le quadragénaire niait les agissements les plus graves parmi ceux qui lui étaient reprochés. “Oui, j'ai bien volé le sac à main de ma femme pour récupérer les papiers de nos enfants mais non, je ne l'ai pas menacée de mort à cette occasion”. Peu importe les témoignages qui contredisent tous sa version, Yvon a raison. Il en est convaincu. “Les témoins ont été manipulés par ma femme et sa famille. Ils ont été montés contre moi pour me faire du mal”. Les faits sont pourtant ce qu'ils sont. Le 9 mai 2009, le prévenu pénètre à l'intérieur du domicile de sa belle-mère pour dérober le sac à main de sa femme qui l'a quitté puis revient pour menacer cette dernière de mort avec un couteau. La jeune mère réussit à prendre la fuite. Mais, le 7 juillet 2009, Yvon parvient à remonter la trace de sa victime qui a trouvé refuge dans un appartement dépendant du centre d'hébergement d'urgence de Saint-Denis. Ce jour-là, il réussit à tromper la confiance de son ex-compagne en envoyant une petite voisine sonner à sa porte. S'introduisant ensuite de force à l'intérieur du domicile de la frêle jeune femme, il ferme immédiatement l'entrée à clé et coupe le compteur d'électricité, selon la victime. Cette dernière arrive, on ne sait comment, à l'enfermer sur le balcon. Mais, quelques jours plus tard, Yvon Raison parvient à ses fins. Il revient de Saint-Philippe avec un jeune homme qu'il a embauché pour 25 euros afin de ramener “un gros zafair” de Saint-Denis”. Le “zafair” en question est en fait son ex-femme. Dans sa déposition, l'accompagnateur du ravisseur explique comprendre la vérité des choses une fois sur place. Car, si Yvon Raison affirme que sa victime était consentante pour repartir avec lui dans le sud sauvage, tous les témoins de la scène affirment le contraire. “Il a dit : “Maintenant, ça suffit les c... Tu me suis. On rentre à la maison. Il a mis une main sur sa bouche et avec l'autre, il l'a poussée jusqu'à la voiture. Là, pendant tout le trajet, elle n'a pas arrêté de pleurer et de crier”. C'est grâce au signalement de l'enlèvement par le centre d'hébergement d'urgence puis à un coup de fil passé sur le portable du prévenu que les gendarmes parviennent à intercepter l'auteur du rapt. Ce dernier sera placé en détention pendant près de 8 mois, le temps de l'instruction du dossier.

“Psychorigide et paranoïde”

Considéré par l'expert psychiatre comme “psychorigide et présentant une tendance paranoïde”, Yvon Raison ne serait cependant “pas dangereux”, toujours selon le praticien. C'est sans doute pour cela que le prévenu a été relâché et autorisé à rendre visite, un week-end sur deux, à ses enfants. Une version des faits et de la personnalité qui ne convient pas franchement au parquet dont le représentant, Michaël Giraudet, a demandé hier au tribunal correctionnel de Saint-Pierre qu'il condamne le ravisseur à 36 mois de prison dont 18 avec sursis. “Et si vous aviez la moindre volonté de réitérer ces faits, la peine requise à votre encontre serait alors exemplaire !”, a conclu le substitut du procureur. La défense, en la personne de Maître Frédéric Hoarau, a, quant à elle, plaidé que dans cette affaire, “on avait fait beaucoup de bruit pour pas grand chose et qu'il fallait cesser d'exagérer la gravité des faits”. Le tribunal a finalement tranché pour un jugement médian. Yvon Raison ne devra pas retourner en prison (à moins de commettre une nouvelle infraction) puisqu'il a été condamné à 24 mois de détention dont 17 avec sursis. Le prévenu devra par contre indemniser la victime (1 500 euros de dommages et intérêts au titre du préjudice moral). Il sera aussi dans l'obligation de travailler ou de suivre une formation, de souscrire à une prise en charge psychologique, et enfin, il sera dans l'interdiction d'entrer de nouveau en contact avec sa victime

Armelle Hervieu

Le vendeur de poulets se fait passer pour un agent de la DASS

En mai dernier, au Tampon, le propriétaire d'un snack flambant neuf reçoit la visite d'un homme qui prétend appartenir à la Direction des affaires sanitaires et sociales. Il lui montre même furtivement sa carte, demande à visiter les locaux et affirme constater de nombreuses infractions dans l'établissement. Le prétendu agent menace de faire fermer le snack sauf si son propriétaire lui verse la somme de 568 euros. C'est alors que le restaurateur reconnaît enfin ce visage qui lui était quelque peu familier. Celui qui vient de se faire passer pour un agent de la DASS n'est en fait qu'un vendeur de poulets grillés que l'on retrouve sur nos routes. Démasqué, le bonimenteur prend la fuite. Il est rattrapé peu de temps après par la gendarmerie à qui il avoue avoir voulu faire une bonne frayeur à son concurrent en lui présentant en fait sa carte de commerçant ambulant. Déjà condamné pour des faits d'agression sexuelle, de port d'arme ainsi que de rébellion et sous le coup d'une détention électronique, le prévenu, qui ne s'est pas présenté à l'audience d'hier, a été condamné à deux mois de prison ferme.

Le vendeur de poulets se fait passer pour un agent de la DASS

En mai dernier, au Tampon, le propriétaire d'un snack flambant neuf reçoit la visite d'un homme qui prétend appartenir à la Direction des affaires sanitaires et sociales. Il lui montre même furtivement sa carte, demande à visiter les locaux et affirme constater de nombreuses infractions dans l'établissement. Le prétendu agent menace de faire fermer le snack sauf si son propriétaire lui verse la somme de 568 euros. C'est alors que le restaurateur reconnaît enfin ce visage qui lui était quelque peu familier. Celui qui vient de se faire passer pour un agent de la DASS n'est en fait qu'un vendeur de poulets grillés que l'on retrouve sur nos routes. Démasqué, le bonimenteur prend la fuite. Il est rattrapé peu de temps après par la gendarmerie à qui il avoue avoir voulu faire une bonne frayeur à son concurrent en lui présentant en fait sa carte de commerçant ambulant. Déjà condamné pour des faits d'agression sexuelle, de port d'arme ainsi que de rébellion et sous le coup d'une détention électronique, le prévenu, qui ne s'est pas présenté à l'audience d'hier, a été condamné à deux mois de prison ferme.

Une commerçante du Sud accusée d'importation de contrefaçons, relaxée

Madame O. a eu la frousse de sa vie. Hier, cette commerçante du centre-ville de Saint-Joseph comparaissait devant le tribunal correctionnel de Saint-Pierre pour des faits d'importation de marchandises prohibées remontant au mois de juillet 2009. À cette époque, l'un des conteneurs qu'elle fait venir de Chine est intercepté par les douanes. A l'intérieur, les services de l'Etat mettent la main sur des bas de survêtements qui présentent des similitudes avec les joggings de la marque aux trois bandes parallèles. Ils tombent aussi sur une centaine de ceintures ressemblant à des articles de chez Dolce Gabbana et Louis Vuitton. La commerçante explique qu'elle a déjà importé les joggings incriminés et qu'elle n'a pas commandé les fausses ceintures de marque. “Les vendeurs chinois ont dû remplacer les ceintures que j'avais demandées par celles-là parce que ça les arrangeait”. Un argumentaire auquel ne croient ni le service des douanes ni les marques concernées qui portent plainte contre la petite marchande réunionnaise. Mais, hier, le tribunal de Saint-Pierre, sensible à l'argumentaire de son conseil maître Aude Cazal, a choisi de relaxer la commerçante saint-joséphoise. Le parquet a fait appel de cette décision.

La CGPME lance sa campagne pour la CCIR

La CGPME a lancé officiellement hier soir à la Possession sa campagne en vue des élections à la chambre de commerce et d'industrie de la Réunion. Yvès Hoareau, chef d'entreprise dans le secteur des déchets médicaux, a été désigné tête de liste.

Yvès Hoareau, vous êtes président de l'Agefos-PME depuis 2002, vice-président du CESR. Qu'est ce qui vous pousse à conduire la liste CGPME pour cette élection consulaire ?

Je suis engagé depuis très longtemps dans la mouvance des TPE-PME, à travers différentes structures. C'est en quelque sorte une suite logique. Et puis, je suis sollicité depuis quelques années par les membres de la CGPME.

Vous avez déjà été élu à la CCIR entre 2000 et 2004, est-ce un avantage pour ce prochain scrutin ?

Oui, j'ai acquis une expérience, une vision. Je me sens plus mature. Pendant un premier mandat, on a envie de tout faire, de tout changer. Disons que maintenant je suis plus réaliste, plus objectif.

Quelles sont les grandes lignes du programme de la CGPME ?

Nous portons deux grands principes. D'abord que la CGPME redevienne la grande maison de l'entreprise, le guichet unique pour le soutien, le conseil, l'accompagnement. Tous les services aux entreprises doivent y être. Ensuite la Chambre doit être au coeur du développement du territoire. Quand on développe des projets structurants, des routes, des lycées, etc. La Chambre doit être au cœur du débat. Quand nous ne sommes pas acteurs de la conquête et du partage du territoire, des entreprises disparaissent.

Plus concrètement, quels seront vos thèmes de travail ?

Je pense d'abord à la problématique du foncier économique qui fait souvent défaut aux TPE-PME. Ensuite, la Chambre va perdre la gestion de l'aéroport en 2011 et du port en 2012. Dans le cas de l'aéroport, nous ne pèserons plus que 25%. Or l'économie est dépendante de cet outil. La chambre aura un nouveau rôle à jouer, non plus un rôle de gestionnaire mais un rôle de partenaire. Il y a ensuite la formation. Nous avons besoin de revoir les orientations. Dans des secteurs performants comme celui des Tic, mais aussi dans le bâtiment où on manque de plombiers et d'électriciens par exemple.

Si vous êtes élu, quelle sera votre première action symbolique ?

J'irai voir ceux qui ont été oubliés par le développement économique, ceux qui ont été laissés de côté. J'irai les voir pour leur redonner confiance, pour leur dire que la chambre sera à leur écoute et que la chambre aidera les entreprises

Interview : R. Lt.

Conforama devrait être liquidé le 8 septembre

Après Guest, c'est au tour de Conforama d'être menacé de liquidation. Le sort de l'entreprise, dont l'effectif est estimé à 62 salariés, sera scellé mercredi lors d'une audience au tribunal de commerce.

En proie à de sérieuses difficultés, l'enseigne Conforama pourrait être liquidée dans les jours qui viennent. Pour les 62 employés la pilule est dure à avaler. Certains travaillent dans l'entreprise depuis plusieurs années. Mais s'ils sont nombreux à être abattus, la plupart des vendeurs ou livreurs reconnaissent qu'ils s'attendaient à un tel dénouement. Au lendemain de l'annonce de la liquidation de Guest, autre magasin d'ameublement tombé dans l'escarcelle du groupe Caillé après le rachat des activités de Dindar, les employés de Conforama étaient déjà persuadés qu'ils seraient les prochains sur la liste. “Cela fait pratiquement 3 mois que nous n'avons plus de stock, 3 mois que nous nous contentons d'aligner les remises sur les fins de série afin d'écouler les marchandises”, explique un délégué du personnel. “Aujourd'hui, nous ne pouvons plus reconstituer un nouveau stock. Il ne nous reste que deux possibilités : ou le groupe réinjecte des liquidités dans l'entreprise ou c'est nous qui sommes liquidés”, ajoute-t-il, la mort dans l'âme. Pour les syndicats, c'est cette deuxième hypothèse qui semble malheureusement la plus probable. En atteste l'accélération soudaine de la procédure judiciaire. Alors que le groupe Caillé a rendez-vous le 29 septembre au tribunal de commerce pour faire un point d'étape sur l'éxécution du plan de sauvegarde, le sort de Conforama sera, lui, scellé dès le mercredi 8 septembre. C'est donc à cette date que le juge se prononcera sur la poursuite ou non des activités de l'enseigne. Il s'appuiera pour cela sur les préconisations de l'administratrice judiciaire en charge du dossier. Cette dernière a rendez-vous ce matin avec le comité d'entreprise de Conforama. “Nous ne savons pas ce qu'elle va nous dire mais nous nous en doutons”, déclare un membre du personnel. La disparition prochaine de Conforama ne constitue pourtant qu'un nouvel épisode social douloureux dans la longue dégringolade du groupe Caillé. Avec la fermeture de Guest, de C2M, de Cap Mascareigne, ou les restructurations au sein de la Sodexpro, plus d'une centaine de salariés se sont déjà retrouvés à la rue

J.E et T.L

[- Menace de plan social chez Kolors]

La rumeur se fait insistante ces derniers temps. La branche automobile, cœur de métier du groupe Caillé avec la distribution, ne serait pas davantage protégée par la menace d'un plan social. Des réunions avec la DRH du groupe chargée de l'automobile ont eu lieu en milieu de semaine, toute la journée, pour évoquer la question. Il se dit qu'une trentaine de postes, sur plus d'une centaine, seraient concernés par ce plan social. Les salariés attendent d'en savoir plus. Un comité d'entreprise sera organisé très prochainement.

La fausse conciliatrice mise en examen

Hier, la femme suspectée d'avoir usurpé les fonctions de conciliateur à la Maison de Justice et du Droit de Saint-Louis, a été mise en examen et placée sous contrôle judiciaire au tribunal de Saint-Pierre. On lui reproche aussi des abus de faiblesse et une tentative d'escroquerie.

Immixtion sans titre dans un exercice de la fonction publique, deux abus de faiblesse dont un aggravé, tentative d'escroquerie... Soit une somme de faits passibles, au final, de sept ans de prison. La Saint-Louisienne soupçonnée d'avoir exercé les fonctions de conciliateur à la maison de Justice et du Droit de la ville sait désormais ce qu'elle risque. Hier matin au tribunal de grande instance de Saint-Pierre à l'issue de sa présentation devant le vice-procureur de la République, elle a été mise en examen des chefs sus-cités par la juge d'instruction Corinne Peinaud. Puis, elle a été placée sous contrôle judiciaire. Entre 2009 et 2010, cette femme est soupçonnée d'avoir usurpé la fonction de conciliateur auprès de particuliers au sein de la Maison de Justice et du Droit de Saint-Louis. Alors qu'elle n'était qu'une simple employée communale, détachée en tant que secrétaire par la mairie. Rappelons qu'un conciliateur de Justice doit être habilité par le premier président de la cour d'appel et prêter serment devant un tribunal. Autant de formalités dont elle ne s'était pas affranchie. Sa défense, sur ces faits, est simple. Ne voyant aucun représentant de la Justice intervenir, elle aurait, au final, pris les devants. “On peut la définir comme un Robin des Bois qui a voulu régler des différents entre les gens qui sont venus la voir, explique Me Norman Omarjee, l'un de ses défenseurs. En l'absence de conciliateur, elle a voulu agir en tant qu'employée communale au service des Saint-Louisiens.” Quant aux dossiers d'abus de confiance et de tentative d'escroquerie, ils sont étroitement liés au premier. Selon les autorités, ils ont toujours eu lieu dans les locaux de la Maison de Justice. La même mise en scène donc. Le premier dossier concerne un ami proche de la victime, lui-même handicapé. Celui-ci possède deux maisons. La mise en cause aurait détourné au moins une partie de l'argent des loyers. Elle se serait aussi auto-proclamée tutrice de cet homme, ponctionnant régulièrement son compte, notamment par l'intermédiaire de sa carte bleue. Une vision des choses farouchement niée par cette employée communale. Elle a contesté avoir voulu, par cet intermédiaire, flouer son ami. La seconde affaire découle de la première. Cette femme est soupçonnée d'avoir extorqué des sommes importantes au frère de la première victime. En l'occurrence, il percevait les loyers des deux habitations avant son parent. Cette femme lui en aurait exigé le remboursement. Les plus hautes instances judiciaires de l'île avaient, bien sûr, eu vent de l'enquête. En conséquence et pour protéger les habitants, il avait été conclu de stopper toute activité sur le site et de ne plus envoyer de représentant. Pour justifier cette décision, Alain Chateauneuf, président du tribunal de grande instance de Saint-Denis et donc du conseil départemental d'accès au droit, en appelle à une “question de crédibilité”. “A la Réunion, les vingt maisons de Justice sont importantes car elles concernent plusieurs milliers de personnes, explique-t-il. Mais aujourd'hui, même s'il y a un élément qui a pu fauter, l'activité doit redémarrer. Cela ne doit pas porter préjudice à la structure, dont tous les sociétaires travaillent bien.” Reste qu'aujourd'hui, cette affaire est ressentie comme fort désagréable par les autorités judiciaires. Lesquelles renvoient désormais la balle dans le camp de la mairie de Saint-Louis. Claude Hoarau a été sollicité pour trouver une nouvelle secrétaire. Une personne qui présente toutes les garanties pour occuper cette fonction

Benoit Toulorge

Le père Tual demande sa mise en liberté

L'ancien curé de Bras-Panon, Michel Tual, 74 ans, a effectué, hier, une demande de mise en liberté par l'intermédiaire de son avocat, Me Laurent Schwartz. Une décision devrait intervenir dans les prochains jours. Le prêtre est incarcéré depuis le 18 décembre 2009 pour onze agressions sexuelles commises à Sainte-Rose puis à Bras-Panon, pour une tentative de viol et pour corruption de mineurs. Me Laurent Schwartz estime que rien ne s'oppose à cette mise en liberté dans la mesure où l'instruction de cette affaire touche à sa fin ; qu'il n'y a donc plus de risques de pression sur les parties civiles. L'avocat met également en avant une expertise médicale indiquant que le père Tual ne peut être considéré comme dangereux.

Quatorze mois ferme pour “l'emprunteur” de voiture

Sept mois seulement après sa sortie de prison, Sébastien Grondin a dû à nouveau s'expliquer à la barre du tribunal de Champ-Fleuri pour la dernière affaire de vol avec violences dans laquelle il est impliqué. Avec déjà quatre mentions à son casier, le jeune homme de 19 ans était jugé hier matin en comparution immédiate pour une récidive. Lundi matin, il croise à vélo la route d'un Saint-Andréen de 80 ans qui a laissé les clés de sa voiture sur le contact alors qu'il est parti satisfaire un besoin naturel quelques mètres plus loin. Succombant à la tentation, Sébastien Grondin s'installe au volant et démarre. Face au tribunal présidé par Brigitte Lagière, le jeune majeur a soutenu, hier, ne pas avoir bousculé la victime durant le vol comme on le lui reproche. Son avocat, Me Marius Rakotonirina, a continué dans un discours pour le moins nuancé, préférant le terme d'“emprunt” à celui de “vol” : “Mon client a pris cette voiture sans effraction et a simplement fait une balade”. Une promenade interrompue par la fille de la victime en centre-ville de Saint-André. Cette dernière avait en effet reconnu la voiture et avait provoqué la fuite, à pied, de l'individu, parti néanmoins avec 300 euros dans les poches. C'est le lendemain du vol que les policiers de la commune avaient ensuite mis la main sur lui. Le substitut du procureur François-Marie Cornu, nouvellement arrivé au parquet de Saint-Denis, a requis la peine plancher, soit trois ans de prison dont la majorité assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve. Le tribunal a globalement suivi ses réquisitions : le jeune homme a écopé de trois ans d'emprisonnement dont la majeure partie -28 mois- est assortie d'un sursis avec mise à l'épreuve pendant deux ans. Le tribunal a également révoqué les six mois de sursis liés à sa dernière condamnation en juillet 2009. Il est donc parti directement en prison pour une durée de quatorze mois. Sébastien Grondin a également l'obligation de chercher un emploi ou une formation, et, de rembourser la victime à hauteur de 1 800 euros.

H.A.

Construction sans permis : 100 000 euros requis contre la Coopérative des Avirons

RIBUNAL CORRECTIONNEL. Une chèvrerie transformée en local commercial à la Saline-les-Hauts et l'installation dans la zone du Grand Pourpier de deux containers en guise de bureaux et dépôts de matériel : la Coopérative des Avirons était poursuivie, hier en correctionnelle, pour des constructions sans permis et sans respect du plan d'occupation des sols. Selon le constat de la DDE, la chèvrerie, et porcherie, a été transformée en surface de ventes de produits agricoles sans pour autant être classée dans les établissements destinés à accueillir du public. En 2003 et 2004, la DDE a dressé plusieurs procès-verbaux. Et un arrêté municipal de fermeture n'a jamais été respecté. Pour la direction de l'Equipement, la situation n'est pas régularisable. Que dire alors de toutes les entreprises et commerces installés également en zone agricole à côté de la Coopérative des Avirons à Cambaie, observent ses avocats, Mes Creissen et Schwartz. “Que fait l'Etat ?” “Tout le monde sait bien que des élus ont longtemps distribué les permis”, répond le vice-procureur Dominique Auter. “L'Etat a du mal à lutter. Ce n'est pas simple”. Considérant que les infractions étaient constituées, le ministère public a requis 100 000 euros d'amende et la réhabilitation des lieux. La défense a soulevé une série de nullités. Me Creissen s'est dit étonné que les infractions ne sont pas clairement précisées dans l'ordonnance de renvoi.

Un homme grièvement blessé dans un accident de scooter

Quinze heures, hier après-midi, chemin Burel dans le quartier de Bois-d'Olives. Les riverains observent patiemment les sapeurs-pompiers de Saint-Pierre et les policiers de la commune et de la Ravine-des-Cabris s'affairer. Quelques minutes plus tôt, un grave accident s'est produit. Les deux occupants d'un scooter viennent d'être victimes d'une sortie de route. Et l'état de l'un d'entre eux, en l'occurrence le conducteur, est préoccupant. L'accident se produit quelques mètres à peine après l'entrée du chemin. Selon nos informations, il se pourrait qu'à ce moment-là, l'homme soit victime d'un malaise. “Après, sa machine a heurté ma voiture qui était stationnée sur le bord du chemin. Il a ensuite zigzagué sur plusieurs mètres, avant de s'écrouler quelques mètres plus loin”, témoigne un voisin. Les sapeurs-pompiers de Saint-Pierre sont prévenus. Quant aux policiers, ils coupent la route, pour que les secours puissent travailler sereinement dans ce chemin très étroit. Le conducteur du scooter est grièvement blessé. Il est transporté au GHSR de Saint-Pierre. Sa compagne, sérieusement touchée également mais dont la vie ne semblait pas en danger, le suit. Les policiers mènent désormais l'enquête afin de déterminer les circonstances exactes de l'accident

B.T.

Un Réunionnais de 26 ans meurt dans un accident en rentrant chez lui

Ludovic Vacarme, âgé de 26 ans et originaire de Saint-Denis, est décédé dimanche dernier dans un accident de la circulation à deux kilomètres de son domicile à Clermont-Ferrand au retour d'une soirée. Son départ prématuré laisse sa famille dans la consternation.

Le choc a été d'une terrible violence. La Mini Cooper a fini sa course contre un poteau électrique après avoir percuté un arbre. A son volant, Ludovic Vacarme, un jeune homme de 26 ans qui a quitté la Réunion il y a vingt ans avec sa mère Corinne. Il a ainsi grandi à Clermont-Ferrand en métropole, avec sa sœur de 24 ans et son frère, âgé lui, de 12 ans. Le soir du drame, dans la nuit de samedi à dimanche dernier, il est minuit passé quand la voiture qu'il conduit fait une brutale sortie de route sur la départementale 2009, entre Riom et Clermont-Ferrand. Ludovic Vacarme meurt sur le coup, à deux kilomètres de son domicile, dans la commune de Cébazat. Il revenait d'une soirée organisée par la société qui l'employait. Il travaillait en fait dans un magasin Bouygues, situé dans la galerie commerciale du Carrefour de Riom. Les circonstances de l'accident restent encore floues en l'absence de témoins directs. Les policiers qui effectuaient une opération de contrôles routiers, 200 mètres plus loin, n'ont eux non plus rien remarqué. Le commissariat de Gerzat, chargé de l'enquête, a ainsi lancé un appel à témoin dans la presse locale mardi dernier, sans résultat. Au vu de la violence du choc, le jeune homme roulait vraisemblablement à une vitesse excessive. Des prélèvements sanguins ont été effectués sur la victime, comme le veut la procédure, pour relever toute trace éventuelle d'alcool ou de drogue. Les premiers résultats n'ont cependant pas été communiqués. “J'ai appris la nouvelle dimanche soir avec ma sœur, confiait hier sa tante Lise-May Vacarme, résidant à Sainte-Suzanne. C'était un garçon travailleur et sérieux”. Bouleversée, elle explique que le jeune homme n'était revenu qu'une ou deux fois en vacances à la Réunion. “Il m'a récemment dit au téléphone qu'il allait prendre un congé au mois de mars pour venir voir sa grand-mère qui vit au Chaudron”. La tristesse est d'autant plus grande pour les membres de la famille, éparpillés entre Saint-Benoît et Saint-Denis. Tous attendent maintenant le rapatriement du corps dans l'île dimanche prochain, avant l'inhumation au cimetière de Commune Prima lundi après-midi. Un rapatriement qui serait financé, selon Lise-May Vacarme, par les employeurs de Ludovic. Ultime hommage à un collègue apprécié de tous

Harry Amourani

Accident mortel sur le chantier de la route des Tamarins : peine confirmée

C'était le 17 octobre 2005. Jean-Marie Picard, ouvrier sur le chantier de la route des Tamarins, s'occupe de tenir le goulot d'une grue qui coule du béton sur un pylône. Subitement, la grue bascule, entraînant dans le gouffre le travailleur. Jean-Marie Picard décède peu de temps après des suites de ses blessures. Une enquête est ouverte. Elle révèle que toutes les mesures de sécurité n'avaient pas été prises par la société Transport Incana qui gérait la grue. Le contrôleur d'état de charge de la machine était notamment défectueux, empêchant aux ouvriers d'être prévenus d'une charge excessive. La charge ne devait dépasser les 2,85 tonnes, alors que celle-ci frôlait les 3,7 tonnes ce jour-là. Pour le parquet, le lien de causalité entre le défaut d'entretien et la mort de la victime est très clair. La cour a donc suivi les réquisitions en considérant que l'appelant était mal fondé en son appel et en confirmant la peine de première instance, soit une amende de 40 000 euros à l'encontre de la société.

F.S.

Le policier harcèle la plaignante

En poussant la porte du commissariat de Saint-André pour se plaindre de la violence de son mari, Véronique A. ne pensait sans doute pas hériter de nouveaux soucis. Ce jour-là, alors qu'elle relate les faits au policier qui lui fait face, ce dernier a des propos déplacés. La jeune femme est en train d'allaiter son bébé quand elle s'entend dire par le fonctionnaire qu'il aimerait bien se trouver à la place de l'enfant. La semaine suivante, la plaignante reçoit une série d'appels téléphoniques de la part du policier. À la barre, ce dernier explique que les coups de fil étaient nécessaires à l'enquête. “Mais vous avez continué à l'appeler après la transmission du dossier au parquet”, relève le président Pierre Lavigne. “Oui car on m'avait dit qu'elle m'avait appelé pendant mes vacances”, répond le mis en cause. Pour le parquet, la peine de 3 000 euros d'amende doit être confirmée. Mais pour Me Ikbal Akhoun, la citation ne vise que trois appels téléphoniques “donc la question de base, c'est de savoir si trois coups de fil peuvent constituer un délit de harcèlement téléphonique”. L'affaire a été mise en délibéré au 16 septembre.

F.S.

Le radiologue nie le harcèlement moral

Réprimande verbale, insultes, propos déplacés à connotation sexuelle, agissements anormaux… Roland Low-Hong, un radiologue dionysien est poursuivi par des anciennes secrétaires médicales pour harcèlement moral. Un délit difficile à caractériser mais pour duquel le soignant avait néanmoins été reconnu coupable en première instance. “Je n'ai pas le sentiment d'avoir harcelé quiconque pendant cette période”, déclare le radiologue à la barre. L'homme s'explique longuement sur de nombreux points de la procédure. Mais quand il dépasse les bornes, le ministère public le remet à sa place. Pour expliquer des insultes proférées dans le cabinet, Roland Low-Hong affirme : “Je fais des commentaires sur mon travail. Languet ou chouchoute sont des termes médicaux”.

Papier toilette confisqué

L'avocat général Michel Baud sort de ses gonds : “Soyons sérieux, vous ne pouvez pas nous faire croire à ce genre de chose !” Appelées à la barre, les deux secrétaires maintiennent leurs accusations. “Il nous a confisqué le papier toilette, relatent-elles. Et il nous a dit : Si vous voulez vous essuyer, vous avez votre doigt et votre culotte.” Pour Me Jean-Pierre Gauthier, qui représente les deux dames, “il n'est pas normal de gueuler et d'être vulgaire et grossier dans un cabinet médical, ni de couper l'électricité à ses employés, de perquisitionner leurs véhicules ou de leur enlever le papier dans les toilettes”. Michel Baud demande la confirmation des peines de première instance, à savoir quatre mois d'emprisonnement avec sursis et 10 000 euros d'amende. Me Schwartz reconnaît que son client n'a pas un caractère facile mais l'avocat considère que ce dernier a une entreprise à faire tourner. “Le délit de harcèlement moral existe depuis 2003. Peut-on demander à quelqu'un de changer parce que la loi change ? Monsieur Low-Hong est comme il est. D'autres employés n'ont pas eu de problèmes avec lui”. Le délibéré sera rendu le 23 septembre prochain

F.S.

Eaux usées à l'aéroport : le dossier transmis à la Cour de cassation

Me Alain Rapady, l'avocat de la CCIR, a gagné quelques mois pour affiner ses arguments. La cour d'appel vient d'envoyer deux questions prioritaires de constitutionnalité à la Cour de cassation afin que celle-ci les transmette au Conseil constitutionnel. Dans cette affaire, la CCIR est poursuivie pour avoir déversé les eaux usées de l'aéroport dans la rivière des Pluies puis dans l'océan Indien. Condamnée en première instance à 50 000 euros d'amende, la CCIR se retrouvait devant la cour d'appel le 26 août dernier pour tenter de rectifier le tir. Considérant que les articles du code de l'environnement sont anticonstitutionnels, Alain Rapady a soulevé la question afin que ceux-ci soient étudiés en plus haut lieu, comme cela fut récemment le cas pour la garde à vue. La cour d'appel dionysienne étudiera de nouveau le dossier en décembre prochain après que les plus hautes instances répondent à la question.

Roland Robert totalement relaxé

COUR D'APPEL. Le tribunal correctionnel avait fait la moitié du chemin. La cour d'appel a achevé le travail hier matin en prononçant la relaxe pour les derniers délits qui étaient encore reprochés au maire de la Possession.

Au sortir de la salle d'audience, Roland Robert est tout sourire. “Il n'y a jamais eu de doute dans ma tête, déclare-t-il, serein. La décision est tombée. Nous avons tous été relaxés. Après deux ans d'acharnement total, pendant lesquels on a voulu faire pression sur les juges, nous sommes très satisfaits. Heureusement qu'il y a une justice”. Son avocat, Me Rémi Boniface, le rejoint et évoque, quant à lui, un résultat sans surprise. “C'était une relaxe attendue. La cour a été plus sage que le tribunal. Maintenant, j'ai un souhait pour Roland Robert, que son marathon judiciaire soit enfin terminé et qu'on lui fiche la paix”. Le dossier avait débuté en 2006 par une lettre anonyme. À cette époque, la commune décide de régulariser la situation foncière d'un terrain occupé illégalement par quatre familles. Le terrain est divisé en sept parcelles de 600 m2 et fixe un prix. Quatre sont vendues aux familles, deux sont déclarées inconstructibles et la septième est cédée à Fabrice Babef, un employé communal du service urbanisme en charge de l'examen des permis de construire. Une opération suspecte pour le parquet puisque ce dernier n'entre pas vraiment dans les critères sociaux pour en bénéficier.

L'ADIP réagit

Par ailleurs, la décision municipale qui avalise la vente serait un faux car Babef y est inscrit comme occupant de la parcelle, ce qui est inexact. Roland Robert, son directeur général adjoint Youssouf Mohamed, son adjointe à l'urbanisme Sylviane Rivière, et, l'employé municipal, Fabrice Babef, étaient poursuivis pour détournement d'un bien public et faux en écriture. En première instance, le tribunal avait relaxé tout le monde, sauf le maire, condamné à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour le faux en écriture. Mais le 8 juillet dernier, coup de théâtre du côté du parquet. L'avocat général Anne-Marie Noël demande la relaxe de Roland Robert et des peines allant d'un à trois mois d'emprisonnement avec sursis pour les trois autres. Un réquisitoire qui apaise Me Rémi Boniface mais qui a le don d'énerver les trois autres conseils, Mes Briot, Le Bihan et Ferdinand. Mise en délibérée, la décision a été rendue hier. La cour d'appel a décidé de relaxer tout le monde. Un soulagement pour l'élu possessionnais, mais un affront pour l'association de défense des intérêts de la Possession. L'ADIP a vivement réagi à la décision, hier, en affirmant dans un communiqué que “les faits étaient accablants” et que “les intérêts des citoyens étaient bafoués encore une fois par les magistrats”

Frédérique Seigle

Le geste du cœur de l'Amicale des sapeurs-pompiers

Émue, Marie-France n'en finit pas de remercier les pompiers qui lui ont tendu la main dans l'épreuve difficile qu'elle traverse. Sa fille, Larissa, doit subir à la fin du mois une intervention chirurgicale lourde à Paris. Depuis l'annonce de l'opération, la mère de la jeune malade de 22 ans vend ainsi des samoussas pour financer son séjour. Touchés par son histoire, les membres de l'Amicale des pompiers de la rue Maréchal Leclerc lui font d'abord une première commande avant de décider de lui offrir une partie des recettes de leur fameux bal du 14 juillet. Hier matin, Marie-France a ainsi reçu le chèque inespéré des mains du sergent-chef Marcel Pignolet, président de l'amicale. Elle sait qu'elle part en métropole avec le soutien moral de ces hommes costauds mais au cœur tendre

20 ans de réclusion pour un collier

COUR D'ASSISES. Le verdict est tombé hier après une heure et demie de délibéré. Fabien Persée a été condamné à 20 années de réclusion pour avoir tué d'un coup de carabine un soir de mars 2008 à Piton Saint-Leu, son camarade Jackon Araye afin de lui voler sa chaîne de cou.

Avec douze à quinze années requises, l'avocate générale Anne-Marie Noël a fait preuve de clémence à la vue des faits reprochés à Fabien Persée. La magistrate a estimé que les jurés devaient prendre en compte la jeunesse et le parcours de vie chaotique de l'accusé. Avocate de la partie civile, Me Brigitte Hoarau a surtout remarqué que Fabien Persée est quelqu'un qui “ne respecte personne, même pas sa propre petite amie, la mère de sa fille. Il ne respecte ni les gens qui l'aiment, ni ceux qu'il croit aimer”. “Certes, Jackson avait fait quelques bêtises, mais il avait décidé de rejoindre le droit chemin. La vie de l'autre n'a aucun intérêt pour lui. La victime a été jetée dans les herbes d'un fossé, comme un animal. Pire, il va voler la chaîne et une gourmette sur le cadavre de celui qu'il affirme être un ami”, s'emporte Me Hoarau. “Persée n'a aucune compassion, aucune empathie. Il ne présente aucun regret. Aujourd'hui, il a bien appris sa leçon. Durant toute l'instruction, il ne parle que de lui, il ne pense qu'à ses propres problèmes, ses soucis. Il est profondément dangereux”, poursuit Me Brigitte Hoarau avant de revenir sur la victime : “Pour Jackson Araye, il n'y a plus d'avenir. Fabien Persée, lui, ressortira un jour de prison. Il retrouvera sa femme, sa fille. Il pourra reprendre sa vie. Il a fait basculer la vie de toute une fille. Prendre la vie de Jackson Araye n'est pas un jeu”.

Le pouvoir de confisquer des années de vie

Face à cette plaidoirie, l'avocate générale a livré un réquisitoire modéré. “C'est un jeune homme de 23 ans que vous devez juger. Un jeune qui était à la dérive. Il faut reconnaître qu'il a été nourri à la violence de son père et à l'abandon de sa mère. C'est un enfant qui a été meurtri par la vie. Que peut faire la société pour l'aider à devenir un homme ? Mais aussi comment faire justice parce qu'il y a eu mort d'homme”, s'interroge la porte-parole de la société. “Vous avez le pouvoir de lui confisquer des années de sa vie. Il reconnaît le vol et les violences. Les éléments intentionnels sont bien présents dans ce dossier”, remarque Anne-Marie Noël tout en affirmant qu'il faut adapter la peine non seulement à la personnalité de l'accusé mais aussi aux circonstances des faits, mais en revenant aussi sur les travers de l'accusé. “Il est froid et manipulateur. Il arrange à sa manière les faits en livrant de nombreuses versions contradictoires car il tente de minimiser son acte. Il n'a jamais intégré les interdits de la société et il ne tire aucune conséquence de ses actes”, poursuit la magistrate. “Il n'est pas trop tard pour lui, mais c'est à lui de s'en rendre compte”, termine l'avocate générale qui va lui tendre une main en requérant donc une peine de réclusion qui soit comprise entre 12 et 15 années alors qu'il risque la réclusion criminelle à perpétuité.

Un problème sociétal

L'avocat de la défense, Me Saïd Larifou, va tenter de faire oublier le comportement et le passé de délinquant de son client. “On ne peut pas justifier ce qui s'est passé ce soir-là, mais on peut tenter de l'expliquer”, plaide l'avocat en présentant, au nom de son client, des excuses à la famille de la victime. “La famille de la victime demande que justice soit rendue. Elle sera satisfaite car mon client a pris conscience du mal qu'il a fait. Mon client est coupable”, lance Me Larifou. “C'est lui qui a provoqué la mort de Jackson et c'est une injustice”, conçoit encore l'avocat sudiste avant de lancer le débat sur un problème sociétal. “Il n'a fait que reproduire ce qu'il a vécu durant son enfance. Sa mère a eu son premier enfant à 14 ans, sa copine a eu leur enfant à 14 ans. Son père frappait sa mère, il frappait sa concubine. Au moment des faits”. “Tous les trois étaient sous l'effet de l'alcool et des médicaments. On relève un taux de 2,56 grammes d'alcool par litre de sang chez la victime. Aucun d'entre eux n'avait la conscience de ce qu'ils faisaient. Et c'est pour cela qu'il est incapable de s'expliquer. Il n'a jamais eu de cadres ni de repères. Il porte en lui les souffrances de sa mère et les siennes propres, continue Me Larifou. Pour lui, il y a une porte de sortie. La porte de l'espoir. Il n'est pas dangereux, mais il lui faut un encadrement, et pour que l'espoir existe, il faut que la peine soit la plus équilibrée possible”. Condamné à 20 années de réclusion criminelle, Fabien Persée a dix jours pour faire appel ou non

Jérome Leglaye

Saint-Leu : la Zac de la Pointe des Châteaux étendue

Lors du conseil municipal d'hier après-midi, les élus saint-leusiens ont voté l'extension de la Zac de la Pointe des Châteaux. Le maire Thierry Robert a rappelé son attachement à “favoriser la dynamique économique” de sa commune. Sauf qu'aujourd'hui, la situation est bouchée pour les chefs d'entreprise désireux de s'installer sur le territoire. Mis en œuvre en 1987, ce terrain de 5 hectares a déjà été agrandi de 3,9 hectares en 1994 et permis la création de 22 parcelles allant de 1000 à 7000 mètres carrés. Une deuxième extension s'impose donc. Elle concerne 5,8 hectares et se situe dans le prolongement de la Zac. Afin d'éviter une circulation automobile trop intense, le projet comprend la création d'une voie de desserte par le haut donnant accès à l'échangeur des Colimaçons. Depuis l'ouverture de la route des Tamarins, ce secteur a connu une augmentation notoire du trafic. Autant la juguler. Un aménageur doit ainsi être désigné prochainement en vue de réaliser les terrains qui doivent acueillir les prochaines entreprises.

D.F.B

Sainte-Suzanne : une antenne et des écoles

Réunis en conseil municipal, les élus de Sainte-Suzanne ont voté le budget supplémentaire 2010 et approuvé les plans de financement de plusieurs chantiers portant sur les écoles hier. L'opposant Antonio Grondin a saisi l'occasion du conseil municipal pour en remettre une couche sur ses doutes concernant la centrale d'enrobé en construction.

Les 37 dossiers à l'ordre du jour du conseil municipal de Sainte-Suzanne ont été traités en 90 mn hier. Le temps d'un match de foot, la maire Yolande Pausé, assumant pleinement son rôle de capitaine de la majorité, a présenté et mis au vote les rapports, lus à tour de rôle par ses adjoints : Angélina Imira, Daniel Allamelou, Aline Murin-Hoarau et Henri Antoinette. En face, l'opposition est représentée par... une seule et unique voix, celle d'Antonio Grondin qui a notamment voté contre le projet d'installation d'une antenne relais à Jacques Bel-Air, estimant qu'il en a "fleuri déjà beaucoup trop dans la commune".

CONTRE-ATTAQUE

Et d'enchaîner sur son opposition à l'installation d'une centrale d'enrobé à Quartier-Français (voir nos précédentes éditions) en mettant en avant les risques pour la santé publique. Yolande Pausé contre-attaque : "Primo, ce n'est pas la commune qui gère ce type d'installation mais la préfecture qui a donné son autorisation. Secundo, c'est sur un terrain privé. Tertio, Mme le maire a écrit à la préfecture pour s'assurer qu'il n'y aura pas de nuisance pour les riverains. Les habitants du quartier et le magasin Carrefour ont été avertis. Des études d'impact ont été réalisées. Avant de raconter n'importe quoi, il vaut mieux se renseigner d'abord !", a-t-elle lancé. Concernant l'antenne-relais, Daniel Allamelou assure qu'une démarche d'information est prévue en direction de la population de Jacques Bel-Air. Aline Hoarau, pour sa part, invite l'opposant à lire l'article concernant l'environnement législatif et réglementaire de la convention entre la commune et la SRR. Par ailleurs, les élus ont approuvé le principe de la construction d'une nouvelle école HQE de 19 classes dans la Zac Entrée de Ville. Prévue sur un terrain à proximité du collège Hippolyte-Foucque et de la médiathèque, ce nouvel établissement remplacera le groupe scolaire Antoine-Bertin près de la mairie qui sera désaffecté dans le cadre de l'opération Cœur de ville. Le coût total de l'opération (études comprises) est estimé à 6,5 millions d'euros.

TOITURE DES TRIBUNES

Des programmes de travaux et les plans de financements de plusieurs autres chantiers ont été approuvés : reconstruction de l'école maternelle de Deux-Rives (730 000 euros) ; extension de la crèche de Bagatelle qui passera de 20 à 40 places (1,1 millions d'euros) ; remise aux normes d'équipements sportifs (360 000 euros) ; remplacement de la toiture des tribunes du stade Repiquet (50 000 euros) ; remplacement des menuiseries défectueuses dans 3 écoles (70 000 euros) ; travaux de remise aux normes du centre de canoë-kayak. Le conseil a aussi voté à l'unanimité l'attribution de subventions de fonctionnement à 14 associations pour un montant global de 89 500 euros. À noter enfin que le budget supplémentaire 2010 de la ville s'élève à 1,052 millions d'euros en fonctionnement et à 1,627 millions d'euros en investissement. Ces rallonges ramènent à 39,604 millions d'euros les mouvements budgétaires de la commune pour l'année en cours, dont 11 millions en investissement et 28 millions en fonctionnement

P.R.

De bonnes affaires depuis 15 jours

En plus d'être une jolie femme de 27 ans, Nora a la particularité d'être une grande fan de mode. En bonne spécialiste du shopping, elle n'a pas attendu le début des soldes pour commencer ses emplettes. Elle n'est même pas passée par la case repérage avant de profiter des remises. Depuis la semaine dernière, celle-ci a commencé à s'acheter des fringues avec des réductions allant de - 30 à - 50 %. “Ce sont les petits magasins qui pratiquent ces remises, pas les grands, assure Nora. J'ai demandé à une vendeuse pourquoi elle faisait des promotions avant les soldes, elle m'a répondu qu'il s'agissait de soldes privés. Mais je ne vois pas en quoi ils sont privés vu que tout le monde peut en profiter”. De Saint-Denis à Saint-Pierre en passant par Saint-Gilles, des rayons entiers sont remisés à -50 %. “À Saint-Gilles, certaines boutiques ne se cachent même pas. Elles exposent des portants à l'extérieur du magasin avec une réduction de - 50 %”, ajoute cette spécialiste de la mode. Dans la rue Maréchal Leclerc, à Saint-Denis, plusieurs magasins ont commencé depuis le début de semaine à écrire en gros sur leurs vitrines “Soldes - 50 %”. À l'intérieur, les promotions sont déjà en place. Ailleurs, les pratiques sont plus nuancées. “J'ai précisé sur ma devanture que ça commençait le 4 septembre. Donc j'ai le droit,” explique un commerçant. Ce dernier n'a pas encore affiché les promotions sur tous ses produits mais en discutant un peu, il finit par lâcher : “Si vous êtes intéressés, je peux pratiquer une remise sur ces affaires”. Et le milieu du textile n'est pas le seul concerné.

“Dix rappels de réglementation en 2009”

Dans une boutique d'ameublement de Saint-Gilles, les soldes ont déjà commencé. “On a payé notre meuble 30 % moins cher une semaine avant les soldes, explique ce couple de Dionysiens. En juillet dernier, la vendeuse de ce magasin nous avait prévenus de venir à la fin du mois d'août pour profiter des soldes organisés une semaine avant la date officielle”. En réalité, les pratiques des soldes avant l'heure se généralisent de plus en plus. Certaines boutiques convient leurs meilleures clientes pour des “soldes privées”. D'autres jouent sur les mots en organisant simplement des promotions. Une façon de commencer des soldes avant l'heure. “Ce n'est pas interdit, précise Younous Badat. Simplement, il faut faire ça dans les règles de l'art. Pendant les soldes on peut vendre en dessous de notre prix de revient. Ce n'est pas le cas des promotions”. Ces opérations permettent également de capter la clientèle venue faire du repérage. Du point de vue des autorités, ces pratiques ne semblent pas poser de problèmes. Contactée hier, la Direction de la répression des fraudes n'a pas donné suite à notre sollicitation. Mais en février dernier, interrogés sur ce même sujet, ses services nous avaient déjà déclaré “ne pas être au courant” des pratiques de magasins qui offrent des remises en dehors du cadre légal des soldes ou des promotions. À en croire leurs statistiques, il y a peu de pratiques frauduleuses à la Réunion. En 2009, les six enquêteurs de la direction des fraudes avaient procédé à dix rappels de la réglementation sur les soldes et transmis deux dossiers au parquet sur les promotions. C'est peu. D'autant que beaucoup de consommateurs ont parfois l'impression de voir des affaires sorties spécialement de l'arrière-boutique. “Certains commerces, parfois des boutiques classes et assez chères, ressortent les mêmes vieilleries depuis deux ans spécialement pour les soldes”, dénonce Nora, habituée à fréquenter de nombreuses boutiques de l'île et dont l'avis peut difficilement être contesté

J.-Ph.L.

- Une opération commerciale très encadrée Depuis 2008, les soldes sont fixés par décret et non plus par arrêté préfectoral. À la Réunion, ils se déroulent au cours de deux périodes distinctes de cinq semaines à partir du 1er février pour la première et du 1er septembre pour la seconde. Les habits soldés doivent avoir été proposés à la vente depuis au mois un mois. Le prix de référence sur lequel est pratiquée la remise est le plus bas affiché en boutique au cours des trente derniers jours. Le commerçant a le droit de vendre à perte durant cette période. S'ils commettent un délit, les commerçants peuvent payer une amende allant de 15 000 à 75 000 euros. Depuis deux ans, ces derniers ont l'autorisation de pratiquer des soldes en dehors de cette période imposée par l'État pendant une période de 15 jours.

Des soldes Ă  -50 % pour commencer

Dès demain et jusqu'au 8 octobre, les soldes vont animer les journées des commerces et de tous ceux qui voudront faire des bonnes affaires. Des réductions de 50 % voire plus devraient être proposées dans la plupart des magasins dès le premier jour de cette opération commerciale.

Le calme avant la tempête. Comme dans les meilleurs westerns où les villes se vident à l'annonce d'un duel de cow-boys, où chacun retient son souffle jusqu'au premier coup de feu, les rues commerçantes de la Réunion sont quasiment désertes à 24 heures de l'ouverture des soldes. Les rares clients qui traînent dans les commerces s'observent du coin de l'œil, vérifient leur matériel d'achat et surtout les boutiques où il faudra absolument être pour dénicher la proie convoitée. Car pour dégainer sa carte de paiement au bon moment, il faut respecter les règles du R.C.A. : Repérer sa cible avant les soldes, Confirmer qu'elle sera bien soldée et enfin, l'Acheter. C'est à ces conditions que les meilleures affaires sont réalisées. “Depuis quelques jours, les clients passent dans le magasin pour savoir si l'on va solder les affaires actuellement en rayon, affirme Fabrice Larroque, directeur du magasin Kiabi de Saint-Denis. Dès samedi, nous solderons celles-ci entre 50 et 80 %”.

“Des remises de plus en plus importantes”

À peine plus loin dans la rue Maréchal Leclerc, le magasin Noorgate est également en plein préparatif. Un peu en retard en raison des achats de rentrée scolaire qui se terminent à peine, le responsable annonce déjà des soldes entre - 50 et -70 %. “C'est traditionnel chez nous, affirme Hozeifah Noorgate. Chaque année, on débute les soldes avec d'importantes remises. Aujourd'hui, les clients sont de plus en plus à la recherche de la meilleure qualité possible au prix le plus bas”. Cette tendance est confirmée par l'ensemble des commerçants. La crise actuelle incite les consommateurs à aiguiser leur sens de la bonne affaire. “Ils sont plus regardants qu'il y a quelques années, confirme Fabrice Larroque. Ils s'assurent de la qualité du produit, vérifient s'il était bien en rayon avant les soldes et exigent une bonne remise.” La plupart des magasins sont aujourd'hui prêts pour cette opération qui se terminera le 8 octobre prochain. “Les soldes sont un moment fort dans l'année, conclut Younous Badat, vice-président de l'Union des commerçants dionysien. C'est vrai que les remises sont de plus en plus importantes. Mais c'est très variable. Et quand un magasin annonce - 50 %, ce n'est pas toujours sur l'ensemble du magasin”

Jean-Philippe Lutton

Chikungunya : 110 cas confirmés depuis le début de l'année

Après l'accalmie liée à la période hivernale, deux nouveaux cas de chikungunya ont été identifiés dans l'Ouest à la mi-août. Les autorités craignent une reprise de l'épidémie avec l'arrivée de l'été austral.

110 cas de chikungunya confirmés depuis janvier. 38 cas probables. C'est le dernier point épidémiologique effectué par les services de la Cellule interrégionale d'épidémie (Cire) océan Indien. En dépit d'une forte diminution ces dernières semaines, en raison notamment de la période d'hiver austral, la transmission s'est maintenue et deux nouveaux cas survenus à la mi-août ont été identifiés dans la commune de Saint-Paul. Deux autres cas suspects, signalés par des médecins libéraux, sont en cours d'investigation et de confirmation biologique, toujours dans la commune de l'Ouest. En mars dernier, l'identification d'un cas de chikungunya autochtone, confirmé biologiquement a justifié l'émission d'une alerte à la Réunion et entraîné un renforcement immédiat de la surveillance. Aucun cas autochtone n'avait été rapporté depuis l'épidémie de 2005-2006, hormis un petit foyer de 5 cas en août 2009 à Saint-Paul. “La surveillance renforcée a permis d'identifier rétrospectivement deux autres cas : un premier confirmé par séroconversion avec une date de début des signes au 4 mars et un cas probable au 21 février”, explique la Cire dans son relevé. Le nombre hebdomadaire de cas confirmés a augmenté à la fin mars et s'est stabilisé autour d'une dizaine de cas par semaine jusqu'à la mi-mai. Il a ensuite commencé à diminuer progressivement. Et à la fin juin, le nombre de cas s'est situé à un faible niveau hebdomadaire (entre 2 et 3 cas confirmés). Le foyer principal de transmission virale a été identifié à Plateau Caillou, entre la fin février et début mai. Quelques cas sporadiques ont été confirmés en dehors de la commune de Saint-Paul mais n'ont pas donné lieu à d'autres foyers épidémiques. La poursuite de la transmission du virus chikungunya, même à un faible niveau durant l'hiver austral, fait craindre une recrudescence du nombre de cas de chikungunya sur l'île au cours des mois à venir avec l'arrivée de l'été austral et de conditions de température et de pluviométrie favorables au développement des moustiques. Par ailleurs, des cas importés probables et confirmés (6 de Madagascar et 3 de Bali et d'Indonésie) ont également été identifiés pendant ce premier semestre 2010. Ce qui montre que l'île est particulièrement vulnérable aux risques liés aux maladies transmises par les moustiques, en raison notamment “d'une densité vectorielle constamment suffisante pour permettre une transmission virale locale, voire un départ épidémique”. La Cire appelle donc à la plus grande vigilance vis-à-vis du chik mais également de la dengue, actuellement en recrudescence en Asie du Sud-Est et en Amérique et circulant à Mayotte. Au 1er septembre, le laboratoire du CHM a confirmé 75 cas de dengue sur un total de 914 analyses réalisées depuis mars à Mayotte, soit 13 nouveaux cas confirmés depuis le dernier point épidémiologique du 22 juillet. Le nombre de cas probables est de 31, soit 7 nouveaux cas identifiés. Tous les malades ont été infectés dans l'île aux parfums et depuis le début de la circulation du virus dans l'île, 9 personnes ont été hospitalisées, dont 6 pour une forme de dengue simple et 3 présentant des signes d'alertes. Le seul sérotype du virus de la dengue circulant dans l'île aux parfums est le type 3. Néanmoins, aucune forme de dengue sévère n'a été enregistrée, ni aucun décès. Malgré tout, un appel à la vigilance est également lancé avec l'arrivée de la saison des pluies

J. F

Corsairfly reforme des couples improbables

En Allemagne, la société de location de voitures Sixt avait ouvert le bal avec cette publicité clin d'œil : “Faites comme Madame Bruni, prenez un petit Français” afin d'inciter sa clientèle à choisir de préférence des petites voitures françaises. Corsairfly a repris l'idée en s'appuyant, pour lancer sa campagne de promotion de son offre Duo, sur les “couples improbables” qui ont défrayé récemment l'actualité. “À ce prix-là j'emmène Liliane,” signé François Marie. “À ce prix-là j'emmène mon chirurgien”, signé Johnny. “À ce prix-là j'emmène Zahia”, signé Franck. “À ce prix-là j'emmène Raymond”, signé Nico. Nul besoin d'être grand druide pour reconnaître, Liliane Bettencourt et le photographe François Marie Barnier, Johnny Hallyday et son chirurgien, le footballeur Franck Ribéry et sa conquête d'un soir Zahia, Raymond Domenech et Nicolas Anelka. Une affaire politico-financière, le monde du show-business, les péripéties autour du ballon rond, même si tout n'est pas du meilleur goût, Corsairfly a atteint son objectif. Son offre Duo ne passe pas inaperçue. La campagne va également se décliner dans notre île. Depuis le 26 août dernier, la compagnie propose une réduction de 50% à valoir sur le tarif toutes taxes comprises du deuxième billet acheté de et vers les Antilles et l'Île de la Réunion. L'offre s'accompagne d'un jeu concours accessible depuis le profil de la compagnie sur le site communautaire Facebook. En devenant fan de la compagnie, chaque personne peut proposer une accroche réunissant les couples les plus improbables. Devenir fan, c'est également la possibilité de voter pour les meilleures accroches qui apparaîtront sur le dispositif publicitaire. L'accroche du couple impossible, de la semaine, diffusée permet à son auteur de remporter deux billets d'avion sur l'ensemble des lignes Antilles et Réunion de la compagnie. Corsairfly offrira à la fin de cette opération deux billets d'avion sur les dessertes Antilles et Réunion au couple le plus plébiscité et réuni par l'ensemble de ses fans.

Alain Dupuis

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